Jeudi poésie des Croqueurs de mots

Zaza ( clic) à la barre de la quinzaine des Croqueurs de mots nous dit pour ce jeudi : Juste un petit poème concernant vos vacances d’été .

R êveries s’en vont crescendo

H ors du temps présent et glissent

I mpressions légendaires à vau l ‘eau

N imbées dans un ailleurs propice

Au fil de l’eau j’irai découvrir une partie du parcours allemand de ce fleuve , ses paysages embrumés, ses ruines médiévales, ses villes de légende.

Guillaume Apollinaire et Heine ont si bien chanté le Rhin, que je préfère leur laisser la parole .

Le mai, le joli mai, en barque sur le Rhin
Des dames regardaient du haut de la montagne
Vous êtes si jolies mais la barque s’éloigne
Qui donc a fait pleurer les saules riverains ?

Or des vergers fleuris se figeaient en arrière
Les pétales tombés des cerisiers de mai
Sont les ongles de celle que j’ai tant aimée
Les pétales flétris sont comme ses paupières

Sur le chemin du bord du fleuve lentement
Un ours un singe un chien menés par des tziganes
Suivaient une roulotte traînée par un âne
Tandis que s’éloignait dans les vignes rhénanes
Sur un fifre lointain un air de régiment

Le mai le joli mai a paré les ruines
De lierre de vigne vierge et de rosiers
Le vent du Rhin secoue sur le bord les osiers
Et les roseaux jaseurs et les fleurs nues des vignes

( Alcools 1913 )

Et puis c’est sur il y a la Lorelei célébrée par Heine : Un poème appris par coeur il y a bien longtemps maintenant .

Ich weiß nicht, was soll es bedeuten,
Daß ich so traurig bin,
Ein Märchen aus alten Zeiten,
Das kommt mir nicht aus dem Sinn.


Die Luft ist kühl und es dunkelt,
Und ruhig fließt der Rhein;
Der Gipfel des Berges funkelt,
Im Abendsonnenschein.

Die schönste Jungfrau sitzet
Dort oben wunderbar,
Ihr gold’nes Geschmeide blitzet,
Sie kämmt ihr goldenes Haar,


Sie kämmt es mit goldenem Kamme,
Und singt ein Lied dabei;
Das hat eine wundersame,
Gewalt’ge Melodei.

Den Schiffer im kleinen Schiffe,
Ergreift es mit wildem Weh;
Er schaut nicht die Felsenriffe,
Er schaut nur hinauf in die Höh’.


Ich glaube, die Wellen verschlingen
Am Ende Schiffer und Kahn,
Und das hat mit ihrem Singen,
Die Lore-Ley getan.

*****

Je ne sais dire d’où me vient
La tristesse que je ressens.
Un conte des siècles anciens
Hante mon esprit et mes sens.


L’air est frais et sombre le ciel,
Le Rhin coule paisiblement
Les sommets sont couleur de miel
Aux rayons du soleil couchant.


Là-haut assise est la plus belle
Des jeunes filles, une merveille.
Sa parure d’or étincelle,
Sa chevelure qu’elle peigne


Avec un peigne d’or est pareille
Au blond peigne d’or du soleil,
Et l’étrange chant qu’elle chante
Est une mélodie puissante.


Le batelier sur son esquif
Est saisi de vives douleurs,
Il ne regarde pas le récif,
Il a les yeux vers les hauteurs.


Et la vague engloutit bientôt
Le batelier et son bateau…
C’est ce qu’a fait au soir couchant
La Lorelei avec son chant

Jeudi poésie

Domi à la barre du bateau des croqueurs pour la quinzaine nous demande d’adresser notre poème à Mademoiselle Jeanne (clic), notre doyenne, qui prend le large en gardant un œil sur la communauté des Croqueurs .

La lune au matin de brume | le bon coté des choses

Brodeuse de l’écume des jours

La muse chez mam’selle Jeanne tisse

Les mots cadeaux, les billets velours,

Sans que jamais personne n’en pâtisse.

*

La muse chez Mam’selle Jeanne tisse

Aux premières lueurs de l’aurore

Sans que jamais personne n’en pâtisse

Le bonheur d’écrire encore et encore .

*

Aux premières lueurs de l’aurore

Le merle la rejoint en harmonie

Le bonheur d’écrire encore et encore

Le chant des saisons, la ronde de la vie

*

Le merle la rejoint en harmonie

De trille en trille charmant discours

Le chant des saisons , la ronde de la vie

Brodeuse de l’écume des jours.

Gisèle F 26 /01/2022

merle | le bon coté des choses

Jeudi poésie

Pour ce jeudi poésie ABC ( clic ) nous dit à votre bon coeur en regardant le coucher du soleil .

Je vous propose « Soleils couchants » de Paul Verlaine .

Soleils couchants

Une aube affaiblie
Verse par les champs
La mélancolie
Des soleils couchants.

La mélancolie
Berce de doux chants
Mon coeur qui s’oublie
Aux soleils couchants.

Et d’étranges rêves,
Comme des soleils
Couchants, sur les grèves,
Fantômes vermeils,

Défilent sans trêves,
Défilent, pareils
A de grands soleils
Couchants sur les grèves.

Jeudi poésie

Pour ce premier défi 259, c’est ABC (Jardin des Môts) qui nous propose de prendre la barre.

Pour les jeudis poésie, des 13 et 20 janvier, à votre bon cœur en regardant le coucher du soleil. Je vous propose la rediffusion d’un poème écrit en 2017.

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Quand le crépuscule doucement prend place,

Buvant  le  sang  rosé des brasiers  allumés , 

Le   chant   de  l’onde maintient  sa dédicace

En   notes  légères ,  romances   sublimées .

*

Sous   son    voilage   s’estompe  toute   chose

Gommant les contours de la ville qu’il engloutit 

A    pas    de    loup   l’ombre  s’installe  et  pose

Sa   trace   sur  les  cendres  du  jour endormi .

*

La   lave   des   rêves   glisse  aux  étoiles 

Ses plus doux secrets, histoires sans parole

Que  l’astre  de  la  nuit  brode sur sa toile.

*

Bien loin des soucis et des affres du bruit

Sélène consciencieuse  jamais ne somnole

Elle  garde  en  main  les  rênes  de la nuit.

Gisèle F 30/11/2017

Sur le fil de l’eau

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Sur le fil de l’eau elle glisse

La magie   de  Noël

Doucement  complice

De nos cœurs arc – en –  ciel .

Attends, tu n’es plus dans le noir,

Ton   ami   t’appelle,

Clin  d’œil chargé d’espoir,

Pour un instant  violoncelle.

Ecoute sa voix lumière,

Peins  ta  vie en  couleurs, 

Mêm’  en  pastel  éphémère

De    source    vive   en     lueurs.

Sois  le  magicien  de  ta  vie, 

Aujourd’hui bien plus qu’hier,

Ton âme d’enfant revit

  Au milieu de l’ hiver.

*

C hante la vie en  longeant   la rivière

Rivière au  clapotis berçant aussi  l’oiseau 

Oiseau    silencieux   assoupi   dans   son   nid

Nid      douillet      au    murmure    de         plumes 

Plumes     baignées      de    la     caresse    d’un   rêve

Rêve  qu’il  cueille  sans  se  soucier  de demain

Demain  se  lèvera  sur  une quête nouvelle

Nouvelle aventure  au creux de  l’arbre

Arbre qui veille sur le bel endormi .

Jeudi poésie

Pour ce jeudi poésie chez les croqueurs de mots , Colette à la barre nous dit :

Chanson ou poésie sur le choix de votre thème ou libre bien entendu. Poème personnel, choix de poème, haïkus, acrostiche, citations etc..

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Serpent fascinant

Sur la rivière  ondoie

Charme d’automne.

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Phare émergeant

D’un poumon ocre et vert

Lumière du jour 

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C  oulemelle   dans  le  bois   porte  ombrelle

H abillée     d’écailles     brunes    circulaires

A vec    son    port    délicat,  elle  ensorcelle

M aintenant la belle en plusieurs exemplaires

P rofite   de   la   pluie   avant  qu’il  ne   gèle

I mage   d’un   accord   entre   ciel  et  terre

G ardant le souffle du vent dans ses lamelles.

N aturellement   elle  se  dresse  bien  fière 

O ffrant   ses  chapeaux pales  en ribambelle

N ouvelle   ode   à   l’automne   qu’elle  éclaire.

( 31/10/2019)

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A  ujourd’hui  dans  le parc  l’arbre se pare d’or

U ne à une les feuilles sous les perles de pluie 

T ombent  en  virevoltant  sans le moindre bruit

O ffrant à la terre l’  espoir d’un autre accord .

M  ille   paillettes   s’embrasent  loin  de  la  nuit

N  aturellement    quand   les   nuages    ont   fui

E  t se laissent bercer  une dernière fois encor ‘.

(20/10/2019)

Et je ne peux oublier cette citation que j’avais proposée pour imagecitation 8 :

“ L’automne, l’automne merveilleux mêlait son or et sa pourpre aux dernières verdures restées vives , comme si des gouttes de soleil fondu avaient coulé du ciel dans l’épaisseur des bois “ Guy de Maupassant ( contes de la bécasse )

Jeudi poésie

Martine à la barre des croqueurs de mots pour la quinzaine nous dit pour le thème :

Portrait d’un animal ou d’un objet .

Chats blancs : caractéristiques, surdité & plus belles races

A une chatte

Chatte blanche, chatte sans tache,
Je te demande, dans ces vers,
Quel secret dort dans tes yeux verts,
Quel sarcasme sous ta moustache.

Tu nous lorgnes, pensant tout bas
Que nos fronts pâles, que nos lèvres
Déteintes en de folles fièvres,
Que nos yeux creux ne valent pas

Ton museau que ton nez termine,
Rose comme un bouton de sein,
Tes oreilles dont le dessin
Couronne fièrement ta mine.

Pourquoi cette sérénité ?
Aurais-tu la clé des problèmes
Qui nous font, frissonnants et blêmes,
Passer le printemps et l’été ?

Devant la mort qui nous menace,
Chats et gens, ton flair, plus subtil
Que notre savoir, te dit-il
Où va la beauté qui s’efface,

Où va la pensée, où s’en vont
Les défuntes splendeurs charnelles ?
Chatte, détourne tes prunelles ;
J’y trouve trop de noir au fond.

Charles Cros

Et aussi parceque j’aime beaucoup les lapinous d’en face :

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Lapins

Les petits lapins, dans les bois,
Folâtrent sur l’herbe arrosée
Et, comme nous le vin d’Arbois,
Ils boivent la douce rosée.

Gris foncé, gris clair, soupe au lait,
Ces vagabonds, dont se dégage
Comme une odeur de serpolet,
Tiennent à peu près ce langage :

« Nous sommes les petits lapins,
Gens étrangers à l’écriture,
Et chaussés des seuls escarpins
Que nous a donné la nature.

Nous sommes les petits lapins.
C’est le poil qui forme nos bottes,
Et, n’ayant pas de calepins,
Nous ne prenons jamais de notes.

Et dans la bonne odeur des pins
Qu’on voit ombrageant ces clairières
Nous sommes les petits lapins
Assis sur leurs petits derrières. »

Théodore de Banville  

Jeudi poésie

Martine est à la barre du bateau des croqueurs de mots pour la quinzaine elle nous propose pour ce jeudi :

Portrait d’un homme ou d’une femme célèbre ou non ou autoportrait .

J’ai choisi de remanier un de mes poèmes pour ce thème.

Fichier:Venus botticelli detail.jpg

Une déesse,  les flots remontant,

Aujourd’hui charme le paysage,

Sur sa conque, pensive, elle attend,

Offrant sa nudité en partage .

*

Le velours de sa peau s’illumine

Caressé par Phébus le bienfaisant

Qui d’un pinceau habile dessine

Ses lèvres au sourire si plaisant

*

Et dans ses yeux s’éveillent d’infinis

Paysages aux ors resplendissants

Empruntés à l’ étoile, en catimini,

Où l’âme se pose en se réfléchissant.

*

Sa longue chevelure  en cet instant,

Comme  l’oiseau  sorti  de  sa cage,  

Coule  sur son corps en vagues sages,

Cachant ce mont de Vénus ravissant.

La naissance de Vénus.

Défi 254 des croqueurs de mots

Jeanne ( clic) à la barre du bateau des croqueurs de mots pour la quinzaine nous propose :

Imaginons que nous ne sommes que vers la fin de septembre 2019. Pour celles et ceux qui mesurent le temps en années scolaires, elle vient de commencer et vous avez des rêves voire des projets plein la tête. Essayons de faire abstraction du vécu de ces deux dernières années pour écrire un texte de quelques lignes en prose ou en vers (libres ou pas) dans lequel nous nous projetons dans cet avenir proche. Rêvons un peu, beaucoup, passionnément !

En septembre 2019, Babouche est partie pour le paradis des chats, et je n’ai qu’un rêve à ce moment là .

R etrouver, oh oui, pour quelques temps

Encor’, ma panthère aux yeux de jade.

V oir pétiller sa vie à chaque instant,

E n bonds joyeux et folles cavalcades.

*

D istiller l’écume des jours heureux,

E lixir qui sans cesse se renouvelle.

*

S e noyer dans ses douces prunelles,

E t partir ensemble pour d’autres cieux,

P artager l’horizon qui pommelle,

T raverser ce duvet délicieux,

E n gardant cette voie hirondelle,

M elant silence et chant mystérieux.

B riser le joug de la loi des adieux,

R edonner vie à l’heure violoncelle,

E t oile scintillante de mille feux

Un dimanche en poésie

Je voudrais attirer votre attention sur un très beau recueil de poésie, que je viens de recevoir. Il s’agit de celui de Solène Vosse (clic) publié chez Bookedition .

Solène y décline à merveille la symphonie des jours en perles de mots, je ne peux que vous recommander cet ouvrage qui vous emportera dans cet univers incomparable de la poésie.

On attend tous

(Complainte d’automne d’un coeur solitaire qui ne sait plus ce qu’il attend)

*

Au vent des soirs d’automne

Les rêves et les nuages tournent les pages

De la grande aiguille du temps

Et le vent chasse la pluie

Qui reviendra demain entre deux

éclaircies

Pendant que les arbres s’effeuillent

Sans que personne s’en étonne.

*

Au fil des heures monotones

La vie réelle se porterait mieux si on lui

donnait

Ne serait- ce qu’un soupçon d’irréalité

Au buffet de la gare sur le point de fermer

Ou même encore, sur le quai où le train

est en retard

On attend tous quelque part, quelque

chose ou quelqu’un .

*

Au vent des soirs d’automne

Au fil des heures monotones

Sont parties, envolées les hirondelles

Loin des yeux loin du coeur

Mais pour garder l’espoir autant ne pas

savoir

Si c’est toi qui ne viendra plus maintenant

Ou mon amour pour toi qui s’en va sans moi.

****

Son autre recueil « Le printemps reviendra, il revient toujours » aussi chez BookEdition paru en septembre 2020

J’écris mes cris

*

J’écris mes cris avec mon ventre, ma sueur

et mon sang

J’écris à cor et à cris pour apprivoiser

le manque

Quand l’absence ne dit pas son nom

J’écris la nuit sur un désert de cendres

encore brulantes

à coup de couteau ou bien de hache

J’écris tout le temps comme ça

à bout portant du côté du silence

J’écris mes cris, te les écris aussi …

Puis je m’écrie !

Et je les jette au vent ….