Jeudi poésie

Pour ce défi 266 des Croqueurs de mots, Durgalola ( clic) à la barre nous propose pour ce jeudi poésie de faire des acrostiches avec les mots paix et joie .

P artir dès le matin, le ciel à portée de main,

A vec pour bagage l’éclat du jour nouveau,

I rrésistible aubade par monts et par vaux

X fois répétée sur le bord du chemin.

*

J ouer avec l’oiseau libre de toute cage,

O reille à l’écoute de tout message,

I l importe de voler loin des nuages

E n se laisser bercer par tous les ramages.

Défi 266 des croqueurs de mots .

Pour ce défi 266 des Croqueurs de mots, Durgalola ( clic) prend la barre et nous propose :

Ecrire un texte à partir de quelques lignes tirées du livre de Marie Gillet

« Aussitôt que la vie ».

****

« Je suis partie de bon matin. J’ai pris ma décision après avoir ouvert les volets et regardé le ciel lisse vaquant simplement à son occupation de l’aube ; laisser la place au jour. L’air était pur et calme. Il allait faire très beau. Rien ne s’opposerait à la lumière. »

J’ai laissé la ville , son ronronnement continu, pour partir à la rencontre de la musique du silence sur les pentes boisées de la moyenne montagne.

Les sapins frissonnant sous les assauts d’Eole, m’escortent, au garde à vous sur le chemin des crêtes. Quelques géants vaincus n’ont pu résisté aux transes infernales du maitre des cieux, tels des baguettes de mikado ils gisent ça et là sur le chemin.

De chaque côté de la trouée, le vert se donne en spectacle, plus sombre , plus gai, il trône en abondance et se rit de la feuille flétrie. Parfois le compagnon rouge ( silène dioïque ) le ponctue de vieux rose.

La mousse en coussin s’incline sous la pression du pied me donnant l’impression de marcher sur de la ouate. Les fougères aux crosses à peine déroulées se rendent au bal de la futaie.

Je respire, hume , vibre aux échos de la nature. Impossible de ne pas entrer dans la ronde, les parfums de la vie partout me répondent. Assise un peu plus loin, je contemple les linaigrettes de la tourbière déployant leurs flocons d’ écume.

Mes yeux se portent aussi sur le friselis de l’eau, sur la myriade de diamants qu’elle véhicule sous la houlette de Phaebus. Loin des eaux du passé, je cueille une joie tout autre, celles de l’instant.

Jeudi poésie

Pour ce défi 266 des Croqueurs de mots, Durgalola ( clic) prend la barre et nous propose pour ce jeudi poésie le bleu .

Je vous propose « la nuit est à nous » de Renée Vivien .

C’est l’heure du réveil…Soulève tes paupières…

Au loin la luciole aiguise ses lumières,

Et le blême asphodèle a des souffles d’amour.

La nuit vient : hâte-toi, mon étrange compagne,

Car la lune a verdi le bleu de la montagne,

Car la nuit est à nous comme à d’autres le jour.

*

Je n’entends, au milieu des forêts taciturnes,

Que le bruit de ta robe et des ailes nocturnes,

Et la fleur d’aconit, aux blancs mornes et froids,

Exhale ses parfums et ses poisons intimes…

Un arbre, traversé du souffle des abîmes,

Tend vers nous ses rameaux, crochus comme des doigts.

*

Le bleu nocturne coule et s’épand… À cette heure,

La joie est plus ardente et l’angoisse est meilleure,

Le souvenir est beau comme un palais détruit…

Des feux follets courront le long de nos vertèbres,

Car l’âme ressuscite au profond des ténèbres,

Et l’on ne redevient soi-même que la nuit.

Renée Vivien

Jeudi poésie

Josette (clic) nous propose pour ce jeudi , un poème qui nous fera prendre de la hauteur .

J’ai tout de suite pensé à un poème tres connu de Paul Verlaine

Le ciel est par dessus le toit

Le ciel est, par-dessus le toit,
Si bleu, si calme !
Un arbre, par-dessus le toit,
Berce sa palme.

La cloche, dans le ciel qu’on voit,
Doucement tinte.
Un oiseau sur l’arbre qu’on voit
Chante sa plainte.

Mon Dieu, mon Dieu, la vie est là
Simple et tranquille.
Cette paisible rumeur-là
Vient de la ville.

Qu’as-tu fait, ô toi que voilà
Pleurant sans cesse,
Dis, qu’as-tu fait, toi que voilà,
De ta jeunesse ?

Mais je ne peux écarter l’élévation de Baudelaire .

Élévation

Au-dessus des étangs, au-dessus des vallées,
Des montagnes, des bois, des nuages, des mers,
Par delà le soleil, par delà les ésthers,
Par delà les confins des sphères étoilées,

Mon esprit, tu te meus avec agilité,
Et, comme un bon nageur qui se pâme dans l’onde,
Tu sillonnes gayement l’immensité profonde
Avec une indicible et mâle volupté.

Envole-toi bien loin de ces miasmes morbides ;
Va te purifier dans l’air supérieur,
Et bois, comme une pure et divine liqueur,
Le feu clair qui remplit les espaces limpides.

Derrière les ennuis et les vastes chagrins
Qui chargent de leur poids l’existence brumeuse,
Heureux celui qui peut d’une aile vigoureuse
S’élancer vers les champs lumineux et sereins ;

Celui dont les pensers, comme des alouettes,
Vers les cieux le matin prennent un libre essor,
– Qui plane sur la vie, et comprend sans effort
Le langage des fleurs et des choses muettes !

Défi 265 des Croqueurs de mots

Josette ( clic) pour ce défi n° 265 sort de sa cachette et nous propose :

D’ écrire une petite histoire en utilisant les mots 

suivants dans leur sens masculin et féminin : Carpe, Faune, 

Greffe, et aussi d’intégrer : Dauphin et DauphineLézard et 

LézardeLoup et Loupe (et plus si affinité)!

Depuis une bonne semaine Eliot et Emeline cochent systématiquement chaque jour passé. Voilà, c’est fait, ils sont en mode vacances . Comme deux diablotins sortis de leur boite, ils s’élancent hors de la cour de l’école. Le départ pour la maison de leurs grands – parents approche, les parents ont déjà tout préparés il ne reste plus qu’à monter dans la voiture.

Ils en ont plus qu’assez de la ville , de ses bruits incessants, de cette faune qui squatte tous les parcs, rendant bien souvent leur accès impossible. Bientôt, ils vont respirer une autre atmosphère, celle d’une verte campagne aux doux murmure et retrouver la vieille bâtisse au toit de lauzes, ses rosiers grimpants masquant la grande lézarde courant sur la façade, jalousement chouchoutés par mamie. Surtout, ils savent qu’ils partiront à l’aventure dans le grand parc partiellement domestiqué, papi n’aimant pas contraindre trop la végétation. Un peu étonnant pour ce juriste qui ne supportait pas la moindre absence de virgule dans les rapports du greffe du tribunal. Mais c’est ainsi, il préfère de loin une tonte raisonnée, laissant le champ libre à ses petits loups avides de nature. Chaque herbe sera scrutée à la loupe par les deux enfants toujours friands de découvertes qu’elles soient macro ou microscopiques.

Immanquablement, à leur arrivée, ils courront après la ribambelle de lézards se chauffant sur les vieilles pierres du mur . Puis ils iront, avec mamie, donner à manger aux carpes du bassin , mimeront les bouches démesurément ouvertes, clapant dans le vide. Ils ne perdront pas une minute du spectacle quand les poissons, sautant comme de véritables dauphins, se jettent sur les boulettes de blé et de maïs concassés , un vrai festival .

Ils vérifieront aussi si la dauphine Gordini est toujours dans le garage. Car Papi ne manquera pas de les emmener au village dans sa voiture bichonnée comme un sou neuf, à la moindre occasion. Ils restent toujours fascinés par l’extraordinaire souplesse de son poignet droit , pour manier le manche du levier de vitesses alors que ses os du carpe ont subi de multiples fractures lors d’une sortie de route et qu’une greffe de peau a été nécessaire.

Mais maintenant il n’est plus question pour le grand – père de risquer sa vie dans les rallyes, l’adrénaline, il a eu largement sa dose dans la dernière manche disputée . Mamie en est ravie, elle peut tranquillement se mettre à la flute , sans trembler, jouer par exemple « le prélude à l’après – midi d’un faune » de Debussy , et pendant les vacances initier Emeline et Eliot à la musique.

Tout est fin prêt pour accueillir parents et enfants, chacun rivé à son portable guette le coup de fil ou le sms annonçant le départ. Farouchement opposés à cette mode du tout numérique au début, ils ont fini par y adhérer. Dans quelques heures, une joyeuse déferlante investira toute la maison , pour le plus grand bonheur de papi et mamie .

Jeudi poésie

Pour le défi 265 Josette (clic) sort de sa cachette et nous propose pour ce jeudi :

Un poème en « ic », « oc », et « ac » .

Pic, pic, aérobic

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À la ferme de l’alambic, y a un hic.

Germaine la poule, n’attrape plus les lombrics

Avec Fiona la cane, elle préfère l’aérobic,

Se moquant de ceux qui pigent que couic,

Toujours aussi lents à suivre le déclic.

Amar le jars, a horreur de ce micmac,

« Que le grand cric me croque avec ses tics

Si elles n’ont pas la cervelle en vrac »

Milou, le chien, a bien perçu le couac,

Mais préfère dormir sous le hamac,

Loin de se mettre la bile en vrac.

« Mille sabords, quel est ce bric à brac ? »

Crie à tue – tête Chantecler le coq.

« Il faut bien entendu faire un seul bloc,

Remettre sur les rails ces deux sinocs,

Quitte à recourir à certains médocs !

Pas question d’accepter cette provoc

Et de finir complètement toc , toc ! « 

Jeudi poésie des Croqueurs de mots

Zaza ( clic) à la barre de la quinzaine des Croqueurs de mots nous dit pour ce jeudi : Juste un petit poème concernant vos vacances d’été .

R êveries s’en vont crescendo

H ors du temps présent et glissent

I mpressions légendaires à vau l ‘eau

N imbées dans un ailleurs propice

Au fil de l’eau j’irai découvrir une partie du parcours allemand de ce fleuve , ses paysages embrumés, ses ruines médiévales, ses villes de légende.

Guillaume Apollinaire et Heine ont si bien chanté le Rhin, que je préfère leur laisser la parole .

Le mai, le joli mai, en barque sur le Rhin
Des dames regardaient du haut de la montagne
Vous êtes si jolies mais la barque s’éloigne
Qui donc a fait pleurer les saules riverains ?

Or des vergers fleuris se figeaient en arrière
Les pétales tombés des cerisiers de mai
Sont les ongles de celle que j’ai tant aimée
Les pétales flétris sont comme ses paupières

Sur le chemin du bord du fleuve lentement
Un ours un singe un chien menés par des tziganes
Suivaient une roulotte traînée par un âne
Tandis que s’éloignait dans les vignes rhénanes
Sur un fifre lointain un air de régiment

Le mai le joli mai a paré les ruines
De lierre de vigne vierge et de rosiers
Le vent du Rhin secoue sur le bord les osiers
Et les roseaux jaseurs et les fleurs nues des vignes

( Alcools 1913 )

Et puis c’est sur il y a la Lorelei célébrée par Heine : Un poème appris par coeur il y a bien longtemps maintenant .

Ich weiß nicht, was soll es bedeuten,
Daß ich so traurig bin,
Ein Märchen aus alten Zeiten,
Das kommt mir nicht aus dem Sinn.


Die Luft ist kühl und es dunkelt,
Und ruhig fließt der Rhein;
Der Gipfel des Berges funkelt,
Im Abendsonnenschein.

Die schönste Jungfrau sitzet
Dort oben wunderbar,
Ihr gold’nes Geschmeide blitzet,
Sie kämmt ihr goldenes Haar,


Sie kämmt es mit goldenem Kamme,
Und singt ein Lied dabei;
Das hat eine wundersame,
Gewalt’ge Melodei.

Den Schiffer im kleinen Schiffe,
Ergreift es mit wildem Weh;
Er schaut nicht die Felsenriffe,
Er schaut nur hinauf in die Höh’.


Ich glaube, die Wellen verschlingen
Am Ende Schiffer und Kahn,
Und das hat mit ihrem Singen,
Die Lore-Ley getan.

*****

Je ne sais dire d’où me vient
La tristesse que je ressens.
Un conte des siècles anciens
Hante mon esprit et mes sens.


L’air est frais et sombre le ciel,
Le Rhin coule paisiblement
Les sommets sont couleur de miel
Aux rayons du soleil couchant.


Là-haut assise est la plus belle
Des jeunes filles, une merveille.
Sa parure d’or étincelle,
Sa chevelure qu’elle peigne


Avec un peigne d’or est pareille
Au blond peigne d’or du soleil,
Et l’étrange chant qu’elle chante
Est une mélodie puissante.


Le batelier sur son esquif
Est saisi de vives douleurs,
Il ne regarde pas le récif,
Il a les yeux vers les hauteurs.


Et la vague engloutit bientôt
Le batelier et son bateau…
C’est ce qu’a fait au soir couchant
La Lorelei avec son chant

Défi 264 des croqueurs de mots

Zaza ( clic) à la barre du bateau pour ce défi 264 des Croqueurs de mots nous dit :

 Parlez-moi de votre matière préférée quand vous étiez à l’école.

Du plus loin que je me souvienne, les sciences et vie de la terre ont toujours eu ma préférence. Dès l’école primaire j’appréciais particulièrement cette partie des sciences , abordée dans les leçons de choses comme on les appelait jadis. Curieuse de tout ce qui m’entourait, j’aimais découvrir comment la plante se reproduit depuis la fleur jusqu’au fruit, non seulement sur de grandes planches affichées en classe mais aussi en plantant par exemple des graines de haricots dans un petit pot. Quelle joie de voir jour après jour les différentes phases de son évolution. Nous nous intéressions aussi aux arbres , leur écorce, leurs feuilles et fruits qui les différencient, réalisant pour notre plus grand plaisir de beaux herbiers avec collages, dessins et écriture à la plume.

Je me souviens aussi de ces grandes planches d’anatomie humaine dévoilant les muscles, les os du corps humain ainsi que tout ce qu’il contient. Point d’internet à cette époque pour nous détailler en 3D les organes in situ. « Oscar » , le squelette, faisait parfois son apparition pendant les cours du primaire. Il était bien tranquille dans son coin, nous ne l’entendions jamais se plaindre mais il nous fascinait.

Les fossiles, toute une aventure à imaginer une fois l’animal remis dans son contexte , aussi chaque fois que j’en trouvais un lors d’une promenade sur les pentes du St Quentin, je ne manquais pas de le ramener en classe pour découvrir avec les autres enfants la vie de cet animal devenu minéral .

Je me rappelle aussi avoir souvent amené des insectes en classe, scarabées, hannetons, dont nous étudions le comportement. Point de phasmes, cet élevage particulier est venu plus tard avec les cours de mes enfants. Je suis sure que si j’en avais eu à disposition à cette époque, ils auraient aussi fait un petit séjour à l’école.

Plus tard le collège et le lycée ont confirmé ce gout pour les sciences naturelles, même si d’autres disciplines ne me laissaient pas indifférente. Le français, le latin et le grec pour ne citer que celles là . Mais c’est vraiment l’étude du vivant qui me passionnait, aussi ai – je même prolongé les cours par des heures supplémentaires avec les professeurs, en sorties découverte de la faune et la flore des mares et autres zones humides, par des travaux pratiques au lycée que nous ne pouvions pas faire dans le cadre du cursus normal. J’ai déjà eu l’occasion de vous parler des expériences pratiquées sur ces pauvres grenouilles, aussi n’y reviendrai – je pas . Je préfère vous citer nos recherches pour déterminer les groupes sanguins de chacune d’entre nous. Fascinant de voir les réactions sur la bandelette utilisée une fois la goutte de sang déposée . Tout aussi intéressants les exercices de génétique qui expliquaient bien des mystères.

Bien sur je n’ai pas oublié toutes les enseignantes qui m’ont vraiment donné envie de poursuivre mes études dans cette voie, m’encourageant si nécessaire quand certaines parties du cours se révélaient ardues, la géologie par exemple. Elles ont toujours su être à l’écoute de toutes les questions que je ne manquais jamais de poser. Je me souviens plus particulièrement de mon professeur de première et terminale, madame Pizelle, dont les cours étaient un véritable plaisir, que je guettais avec impatience. Elle avait tout de suite noté mon vif intérêt pour la matière qu’elle enseignait et m’a toujours soutenue dans mes choix de filières, je n’ai pas eu du tout à le regretter en passant mon bac , ni pour le reste de mes études.

Jeudi poésie des croqueurs de mots

Zaza ( clic) à la barre du bateau des Croqueurs de mots nous dit : Le 21 avril 2022

– En poésie ou en prose, mettre en avant vos souvenirs de vacances de printemps.

Nationale 7 , route des vacances,

Plein soleil, direction la Provence,

Arrêt gourmand , papilles ravies,

Nougats de Montélimar en folie.

Serpente la route dans l’Esterel,

Ah la la, si nous avions des ailes !

Mais bientôt, oui, c’est bien elle,

La mer enfin, joue sa ritournelle.

La Ciotat, sa plage, ses pinèdes

Où je retrouve chaque printemps

Mes cousines, nos jeux à plein temps,

Courses aux lézards impressionnants,

Parties de cache – cache bon enfant,

Sur le sable, cavalcades à gogo,

Et parfois un aller – retour dans l’eau,

À Pâques, rien n’est sur avec la météo,

Le froid peut s’inviter aussi tout de go .