Le tableau du samedi

Pour le  tableau du samedi, initié par Lady Marianne et poursuivi par Lilou et Fardoise, un clic sur le logo.

Fardoise pour cette quinzaine de décembre nous demande de nous intéresser aux animaux fantastiques et autres créatures improbables.

Je vous propose la tentation de St Antoine de Jacques Callot

Fichier:Callot La tentation de Saint Antoine.jpg

Pour tourmenter Saint Antoine retiré dans le désert apparaissent de nombreux animaux diaboliques.

Ces figures paraissent avoir été vomies par l’esprit malin, enchaîné au haut de l’estampe, et qui en vomit encore.

A droite, vers le bas, on voit saint Antoine entouré de bêtes démoniaques qui cherchent à l’entraîner vers une partie de la composition où de nouveaux tourments attendent le Saint ermite.  

Une invention aussi phénoménale dans cette drôle de bête dont le nez transformé en arquebuse, se dirige menaçant vers le Saint ermite. On peut voir aussi un joyeux diable artificier la mettre en marche.

Jacques Callot conçoit le combat du bien et du mal non pas comme une vision mystique mais comme une œuvre dramatique. Saint Antoine est en effet relegué dans un coin alors que toute la scène est occupée par ces créatures hideuses crachant montres et flammes.

On peut aussi apercevoir d’autres bêtes fantastiques en observant les détails .

La Tentation de saint Antoine a été illustrée deux fois par Jacques Callot (1592-1635). La première fois, ce fut à Florence, vers 1616. Les épreuves en sont rarissimes, l’artiste ayant accidentellement détruit sa planche avant de l’avoir vraiment terminée. Le Musée lorrain en possède une épreuve exceptionnelle, retouchée de la main même de Callot. À la fin de sa vie, en 1635, le graveur a donné une deuxième version du sujet, plus élaborée, plus rigoureuse techniquement. 

Jacques Callot ( né à Nancy en 159 mort à Nancy le 24 mars 1635) est un dessinateur et graveur lorrain . Pour en savoir plus sur cet artiste un clic ici

Le tableau du samedi

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Cette fois ci j’ai choisi une activité différente , le jeu .

Je vous propose donc le tricheur à l’as de carreau de Georges de La Tour .

La Tour Le Tricheur Louvre RF1972-8.jpg

La toile, étirée en largeur , représente quatre personnages cadrés à mi-corps, repartis autour d’une table de jeu recouverte d’une nappe vert-jaune. Les protagonistes se détachent sur un fond sombre, coupé seulement par une bande plus claire à droite du cadre, ce qui rend impossible l’identification précise du lieu où se déroule la scène. Trois jouent aux cartes, assis, un jeune homme à droite, une femme au centre et un homme à gauche, tandis qu’une servante debout sert un verre de vin à la femme du centre. La scène est éclairée par une source hors-cadre, provenant de la gauche : la lumière crue et froide découpe les silhouettes tout en créant des effets de contraste saisissants.

La lumière frappe le dos du tricheur, mais aussi ses cartes, dont la blancheur est ainsi révélée. Son visage dans l’ombre est tourné vers sa droite. Les yeux en coin, un léger sourire aux lèvres, il jette un regard vers l’espace situé au-devant de la toile.

Il porte un justaucorps en peau  à la manière des militaires de l’époque. Des coutures aux épaules pendent des aiguillettes noires, dénouées. Noire est aussi sa ceinture qui lui permet de cacher des cartes. Ses manches fendues laissent voir, sur le bras droit, une chemise blanche.

Les épaules de la servante sont de trois quarts tournées vers la courtisane, sa tête est de profil. La lumière frappe l’arrière de son turban satiné , et laisse son visage dans une ombre légère. Son œil droit en coin pourrait s’adresser au spectateur.

Elle porte une brassière qui se termine par un ruban passementé lie-de-vin, semblable à celui du col du tricheur. Par-dessus est enfilé un corselet  bleu-vert qui passe par ses épaules, et dont les manches blanches sont ornés motifs noirs, brodés ou imprimés : l’ensemble, largement décolleté, laisse voir la naissance de sa poitrine. Elle porte au poignet droit un bracelet de pierres rouge vif. Elle a enfin une robe rouge vermillon.

La courtisane est en pleine lumière, c’est elle qu’on remarque immédiatement avec son collier de grosses perles et ses pendants d’oreille en forme de poire. Elle porte une toque rouge à cornes décorée d’une plume d’autruche frisée et teintée en carmin, ainsi que d’une broche circulaire faite d’une pierre noire cerclée d’or, terminée par un pendentif en perle. Elle est vêtue d’une élégante robe de velours ocre-brun décorée de galons d’or et de boules dorées aux emmanchures. Ses manches laissent voir leur doublure de soie jaune, et la blancheur d’une chemise. Sa main gauche, dont le tranchant repose sur la table, tient quatre cartes, dont le dos blanc seul est visible. Devant ces cartes sont étalées, sur la table, huit pièces d’or. De l’index de la main droite légèrement replié, elle s’adresse au tricheur, qui ne la regarde pas. Ses yeux en coin regardent vers le haut, vers la servante. Son visage est d’un ovale parfait presque sans menton ni pommettes.

À droite, assis au premier plan devant la table, légèrement tourné vers sa gauche, un jeune homme aux cheveux bruns souples, aux traits ronds pleins de mollesse, les joues tombantes, se tient droit, les yeux rivés sur ses quatre cartes, dont un pique, sûrement le six, qu’il tient des deux mains. Une grosse somme d’argent s’étale devant lui : une douzaine de monnaies d’or — doubles et quadruples pistoles d’Espagne45 —, et une pièce d’argent.

Le jeune homme à droite est vêtu avec un soin. Il porte une petite toque  de la même couleur vermillon que la coiffe de la courtisane, orné lui aussi d’une plume d’autruche entouré d’un galon argenté terminé par deux glands qui tombent sur le côté. Le large rabat blanc qui lui cache presque entièrement le cou est décoré de grenades en damier bleu, rouge et or. Il est vêtu d’ un pourpoint  de brocart  argenté aux riches motifs d’or et d’argent. Ses larges manches blanches, à l’apparence satinée, présentent aux poignets des volants froncés terminés par un liseré noir et or. Des rubans de satin corail complètent l’ensemble : l’un, noué autour du cou, lui descend au milieu de la poitrine, et des aiguillettes sont soigneusement nouées aux emmanchures.

On joue gros, comme le révèlent les pièces, essentiellement d’or, étalées sur la table.

Georges de La Tour a fait une autre version de ce tableau à savoir le tricheur à l’as de trèfle ci – dessous . Vous pouvez remarquer qu’il n’est pas absolument identique au premier . Les visages et les attitudes ont été modifiées, les vêtements, les couleurs de ces derniers aussi .

Fichier:Georges de La Tour - Le tricheur avec l'as de trèfle - Google Art Project.jpg

Le tableau du samedi

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Lilou nous demande de nous intéresser aux scènes quotidiennes pour la quinzaine ( repas, jeux , …)

Je vous propose une œuvre de Wybrand Hendriks

Intérieur avec couturière

Fichier:Wybrand Hendriks - Interieur met naaiende vrouw.jpg

Dans ce tableau nous voyons une femme bien concentrée sur ses travaux de couture . Sur la table se trouve tout le matériel dont elle a besoin, ciseaux, fil, aiguilles, le pique aiguilles est d’ailleurs d’une taille impressionnante. Un livre ou cahier de notes est ouvert.

Si l’on en croit la tige qui se trouve sur le sol, il s’agit certainement de tentures et de rideaux que la dame est en train de réaliser. J’aime ces camaïeux de brun déclinés dans l’œuvre. Il règne ici une atmosphère tranquille, d’un intérieur sobre que vient peut être troubler de temps à autres ce petit chien blanc à l’allure de clown enjoué .

Ci dessous une de ses toiles montrant l’apprentissage de la broderie par la jeune fille de la maison.

Wybrand Hendriks1 (Amsterdam, 1744 – Haarlem, 1831) était un peintre néerlandais, qui excella plus spécialement dans l’art du portrait. Il fut en outre, à partir de 1785, intendant des collections d’art du musée Teyler  à Haarlem. Pour en savoir plus sur ce peintre un clic ici

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Pour ce thème du miroir choisi par Lilou, je vous propose

Tout est vanité de  Charles Allan Gilbert, 1892

Fichier:Allisvanity.jpg

Une œuvre tres intéressante car pouvant être vue de deux façons. L’image est constituée de deux plans , le premier celui de la jeune femme qui se regarde dans le miroir, le deuxième celui du reflet dans le miroir à savoir ce crane en pleine lumière . Une superbe illusion d’optique que suggère l’artiste. La lumière est projetée du côté droit, la jeune femme étant tournée de ce côté. Le noir occupe une place plus importante que le blanc dans le tableau et suggère la tristesse.

L’image est très révélatrice. Elle essaie de nous dire que la beauté s’efface au fil du temps. Si on recule bien pour regarder, la femme et son chignon sont les yeux de la tête de mort, les flacons semblent être des dents, le reflet de la bougie le nez . Le chandelier allumé représente le temps qui passe. Peu importe le nombre de flacons et produits de beauté que l’on peut apercevoir sur la table, l’issue sera la même.

L’œuvre, une gravure à l’encre a été réalisée par Charles Allan Gilbert alors qu’il n’avait que 18 ans , en 1892, et se trouve au musée des Beaux Arts de Dunkerque.

Pour avoir plus de renseignements sur cet artiste illustrateur américain un clic ici

Pour finir sur une note plus gaie, j’ai pensé aussi à une autre femme devant son miroir  » La toilette » de Louise Catherine Breslau

Fichier:Breslau La toilette.jpg

Pour en savoir plus sur cette artiste un clic ici

Le tableau du samedi

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Pour ce thème du miroir choisi par Lilou, je vous propose cette jeune femme assise sur deux coussins se regardant dans une glace à chevalet d’ Adrien Etienne .

Il ne s’agit pas d’une huile mais d’une œuvre fixée sous verre .

La peinture sous verre, ou  » fixé sous verre « , consiste à exécuter le travail de peinture au revers d’une plaque de verre. L’une des difficultés du procédé est de peindre le motif inversé et, au contraire de la technique normale, d’exécuter les détails (le nez, les yeux, les fleurs) avant le fond (le visage, le paysage), le spectateur devant regarder l’œuvre terminée sur le côté non peint de la plaque de verre. L’artisan utilise des couleurs à l’huile ou à la gouache mélangées à une colle spéciale. On appelle verre  » églomisé  » la technique qui utilise des feuilles d’or ou d’argent soudées entre deux pellicules de verre.

Une deuxième version avec une autre posture et un petit chapeau pour la jeune femme selon la même technique.

ÉTIENNE   Adrien Désiré, dit DRIAN

Bulgnéville (88) 1885 – Haravilliers (95) 1961

Dessinateur, graveur, lithographe, peintre et décorateur

Fils d’un brigadier de gendarmerie et d’une couturière.

Ses parents étaient nés dans la Meuse : son père à Vigneulles-lès-Hattonchâtel, sa mère à Saint-Benoît-en-Woëvre.

Il passa sa jeunesse en Lorraine, au gré des affectations de son père : Conflans (1886), Commercy (1895), Remiremont (1893 puis 1898). C’est dans cette ville qu’il développa ses dons précoces pour le dessin au contact de Henri RONDOT*, professeur de dessin au collège, et de Pierre WAIDMANN*. En 1898, Alfred RAMBAUD, ministre de l’Instruction publique et de Beaux-Arts, remarqua ses dispositions artistiques à l’occasion d’une visite au collège de Remiremont. Il n’avait pas quatorze ans lors de sa première participation au Salon de la Société nationale des Beaux-Arts avec une aquarelle peinte sur éventail. Cette même année 1899, ses aquarelles présentées à l’exposition de Langres lui valurent une médaille d’argent. En 1900, sa famille s’installa à Neuilly-sur-Seine où demeuraient P. WAIDMANN et, dans la même rue que le jeune Adrien, Emile BASTIEN-LEPAGE*. Il obtint cette année-là du conseil général des Vosges une subvention de 400 F pour étudier à l’Ecole nationale des arts décoratifs. Il n’en suivit pas les cours et elle lui fut supprimée. Il aurait fréquenté l’académie Julian mais nous n’avons pas trouvé trace de son passage. Il poursuivit ses envois au Salon de la SNBA jusqu’en 1911 et sa réputation naissante lui valut en 1905 d’être invité à Londres par le Daily Telegraph, au moment des courses d’Ascot. Désormais installé dans la capitale, il se fit un nom dans le monde de la mode, réalisant des dessins pour les grands couturiers (Paul POIRET, Jeanne PAQUIN, WORTH, CHANEL), pour les revues Femina (1907), Harper’s Bazar (1910) et pour les catalogues du magasin « Le Printemps ».

Réfugié en Indre-et-Loire pendant la guerre, il épousa fin 1914 à Fondettes (37) Henriette HOCHSÉ, fille d’un ancien négociant. Il prit part l’année suivante à l’Exposition internationale de San Francisco.

ETIENNE publia un album de 12 planches : Les Femmes et la guerre. Paris, Devambez, s.d. [1918], et participa à l’exposition organisée en janvier 1918 galerie Devambez au profit des orphelins de guerre des P.T.T. Il poursuivit sa carrière après la Première Guerre et fournit des illustrations à d’autres magazines : La Gazette du Bon Ton (1913 à 1921), Le Journal des dames et des modes, Les Costumes parisiens, Les Feuillets d’art (1920), Flirt (1922), Plaisir de France, Les Modes, L’Illustration (N° de Noël en 1930, 1934 et 1935). Il fit parallèlement une carrière de portraitiste mondain et nombre de collections privées possèdent des œuvres de lui fixant les traits de personnalités du monde de la mode, du spectacle, de la diplomatie ou de l’aristocratie, comme la duchesse de WINDSOR et la princesse Henri de POLIGNAC dont il fréquenta, après la dernière guerre, le domaine de Kerbastic, dans le Morbihan. Dans les années 1920, il séjournait régulièrement au moulin du Breuil à Combs-la-Ville (77), propriété d’Héléna RUBINSTEIN. En 1925, lui-même acheta à Gif-sur-Yvette (91) un moulin qu’il revendit aux WINDSOR 27 ans plus tard, avant de s’installer au Ruel, commune d’Haravillers, où il mourut accidentellement.

A ses débuts, ÉTIENNE était attaché à ses racines lorraines. A l’âge de douze ans, il réalisa au crayon des vues de Commercy qui témoignent d’une remarquable précocité. Jusqu’en 1914, il séjournait régulièrement dans la maison familiale de Saint-Benoît-en Woëvre, brûlée par les allemands en 1918. Il participa au Salon de Nancy en 1899, 1901, 1902 et 1909, ainsi qu’aux expositions de Remiremont (1902, 1907, 1913) et d’Epinal (1908 et 1909).

Selon le critique de L’Est républicain, ses aquarellent illustrant Cendrillon présentées en 1902 au Salon de Nancy « rappellent la riche imagination de Gustave Doré. »

Selon le critique de L’Est républicain, ses aquarelles illustrant Cendrillon présentées en 1902 au Salon de Nancy « rappellent la riche imagination de Gustave Doré. »

Les galeries parisiennes s’intéressèrent tôt à ses gravures : en 1909, il exposa chez Devambez et chez Georges Petit (avec la Société de la gravure originale en couleurs). Il leur resta fidèle après la guerre tout en présentant régulièrement ses œuvres à la galerie Charpentier à partir de 1923.

 Considéré comme le peintre de la femme qu’il met en valeur dans un style souple et élégant qui rappelle Giovanni BOLDINI, il était avant tout un dessinateur raffiné, héritier de la tradition française du XVIIIe siècle. Son élégance naturelle se retrouve dans ses eaux-fortes et ses pointes sèches, qui ont la finesse nerveuse de celles de Paul HELLEU. Coloriste discret, il utilisait avec parcimonie la couleur, aussi bien dans ses dessins que dans ses gravures.

Dès sa première participation à l’exposition de la Société de la gravure originale en couleurs, le critique de La France illustrée évoque «de fines silhouettes de jeunes femmes délicieusement coloriées, très crânes et très enlevées ». (1909)

Il peignit également des fixés sur verre, notamment des fleurs. Artiste polyvalent, il fit une carrière d’illustrateur et réalisa des décors d’intérieurs, de théâtre et de music-hall. On lui doit les décors et les costumes de :

  • La revue de Cécile Sorel, au Casino de Paris (1933)
  • Manon, de Jules MASSENET, à l’Opéra-Comique (1939)
  • Le Petit Café, de Tristan BERNARD, au Théâtre Antoine (1949)

En 1943, il avait peint pour ce dernier théâtre les fresques du foyer et le rideau de scène.

Le tableau du samedi

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Pour ce thème du temps qui passe je vous propose :

La gardienne du temps de Jacek Yerka

Une gardienne veillant avec vigilance sur tous ces réveils comme une mère sur ses petits . On la sent prête à bondir sur celui qui voudrait s’emparer d’un marqueur du temps . J’aime ce surréalisme qui nous entraine dans un univers relevant de la magie .

Si vous voulez en savoir plus sur cet artiste polonais un clic ici . Je vous conseille vivement de voir ses autres œuvres (clic) , c’est une véritable plongée qui vous attend dans un monde d’un réalisme magique époustouflant .

Comme il s’est penché sur l’œuvre de René Magritte je ne pouvais pas passer à côté de cet artiste.

« la durée poignardée » de René Magritte (1938)

Peint dans un style hyperréaliste avec des contrastes forts et très définis, la peinture représente une cheminée de marbre blanc du foyer de laquelle s’échappe une locomotive dont la vapeur remonte dans la cheminée. Sur sa console sont posés deux chandeliers et une horloge se reflétant dans un large miroir. La palette de couleurs est réduite : blancs et gris de l’horloge, de la cheminée, de la locomotive et du miroir, bruns du plancher et des murs, jaune/doré du bord du miroir et des chandeliers.

La vue n’est pas frontale mais latérale pour ce tableau . Nous voyons surgir la locomotive comme sortie d’un tunnel , le panache de fumée s’aplatissant sous l’effet de la vitesse . Cette vision nous conforte bien dans la représentation du temps. Elle contraste cependant avec la parfaite immobilité apparente du décor.

Si dans la cheminée se trouvait un vrai poêle nous pourrions observer la combustion du charbon comme un espace de temps qui s’écoule, un début et une fin , d’abord le charbon puis ses cendres . L’ordre naturel que peut rythmer l’horloge s’écroule car c’est la locomotive qui va traverser l’espace.

L’œuvre est une commande d’Edward James, mécène du surréalisme. René Magritte destinait la peinture à l’escalier de la maison de James, afin de donner l’impression que le train poignarde chaque personne passant devant, mais elle n’y sera jamais accrochée.

Le tableau du samedi

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Fardoise nous propose de célébrer l’automne, ses belles couleurs , les feuilles qui tombent et les premiers frimas .

J’ai choisi cette toile de Victor Prouvé « Vision d’automne  » 1899 (252×153 cm) musée de l’Ecole de Nancy

La brume est bien présente dans cette forêt imprégnant toute la futaie . Les ombellifères (Ombelles mises en valeur par tous les artistes de l’école de Nancy) se dressent parmi les feuilles qui ont entrepris leur dernier voyage. L’une d’entre elles en suspension est particulièrement ambrée. Le vent semble déjà frisquet car les trois personnes que nous apercevons sont emmitouflées dans de longs et chauds manteaux . Que font elles à cet endroit ? Elles semblent d’ailleurs inquiètes , peut être ont elles peur de ne pas retrouver leur chemin. En tout cas dans cette vision il ne s’agit plus comme la semaine dernière d’un automne chaud et accueillant . Victor Prouvé nous propose ici le cycle des saisons donc de la vie symbolisée par les feuilles jaunissantes et tombantes. La branche de sapin, elle, est verte, couleur de la renaissance .

Pour en savoir un peu plus sur cet artiste, je vous propose une partie de la fiche que lui a consacrée mon mari .

PROUVÉ  Victor Emile Nancy 1858 – Sétif (Algérie) 1943

Peintre, dessinateur, graveur en taille-douce et sur bois, sculpteur, décorateur et professeur de dessin et de peinture

Fils d’un dessinateur en broderie également modeleur céramiste chez Charles gallÉ et d’une mère lingère ; beau-frère de Michel COLLE* qui épousa sa belle-sœur en 1905.

Elève à l’Ecole primaire supérieure de Nancy à partir de 1872, il entra l’année suivante à l’Ecole municipale de dessin où il reçut l’enseignement du sculpteur Charles pÊtre puis de Théodore DEVILLY* qui lui fit découvrir l’art de DELACROIX. Il y obtint le prix d’excellence dès l’année suivante et se lia avec Emile FRIANT*, Camille MARTIN* et Mathias SCHIFF*. En 1877, une bourse municipale lui permit de se rendre à Paris où, admis aux Beaux-Arts, il fréquenta pendant cinq ans l’atelier d’Alexandre CABANEL où le rejoignit son ami FRIANT. Il réalisa au Louvre des copies des maîtres anciens, certaines commandées par la commission du musée de Nancy. Sa formation académique l’incita à se présenter – sans succès – aux essais du concours du Prix de Rome en 1881, 1883 et 1885. Après son service militaire à Béthune (1882-83) il vécut dans la capitale tout en faisant des séjours dans sa ville natale où il se fixa définitivement en 1902. Il était en effet membre du comité directeur de l’Alliance provinciale des industries d’art fondée l’année précédente par Emile GALLÉ à qui il succéda à la tête de l’Ecole de Nancy fin 1904.

Il avait débuté en 1880 au Salon de Nancy avant d’exposer à partir de 1882 au Salon des Artistes français où il obtint une mention honorable en 1885 et, l’année suivante, une médaille de 3e classe et une bourse de voyage qui lui valut de se rendre en 1888 en Tunisie où il fit un second séjour en 1889-90. Sa participation en 1886 à l’exposition « Blanc et Noir » lui valut une médaille d’argent de 2e classe. Il fut également récompensé à l’Exposition universelle de 1889 (médaille de bronze) et à celle de 1900 (médaille d’or en décoration, d’argent en peinture). En 1890, il délaissa le Salon officiel pour celui de la Société nationale qui venait d’être créée et qui lui convenait mieux par son caractère progressiste et son ouverture aux arts décoratifs. Il en fut élu sociétaire en 1893. PROUVÉ participa aussi à partir de 1903 au Salon d’Automne dont il devint sociétaire l’année suivante. Il était largement représenté à l’exposition parisienne de l’Ecole de Nancy qui se tint à Paris en 1903.

Très impliqué dans la vie locale, il adhéra en 1893 à l’Association des artistes lorrains dont il fut élu président en remplacement de Louis GRATIA*. Admis à l’Académie de Stanislas en 1906 comme membre associé correspondant, il en devint membre titulaire en 1912. Il était membre de la Société d’archéologie lorraine depuis 1908. Un grand banquet officiel fut organisé en son honneur en juin 1912. Elu cette même année conseiller municipal de Nancy délégué aux beaux-arts, il fut nommé en 1916 vice-président du Comité régional des arts appliqués.

Il se maria tardivement en 1898 (GALLÉ était son témoin) avec Marie DUHAMEL, de 21 ans sa cadette, fille d’un ancien commerçant en gros née en Angleterre où son père menait ses affaires. Le couple eut sept enfants entre 1899 et 1918.

Trop âgé pour être mobilisé, il se rendit cependant à Gerbéviller avec Auguste RAMEL* en septembre 1914 pour dessiner les ruines. Il participa à l’effort de guerre en réalisant des affiches de propagande imprimées à Nancy chez Berger-Levrault, ainsi que des bons points patriotiques et des diplômes scolaires commandés par le ministère de l’Instruction publique. Il participa en 1918 à l’exposition au profit des œuvres de guerre organisée au Petit Palais.

L’année suivante, il succéda à Jules LARCHER* comme directeur de l’Ecole des beaux-arts et des arts appliqués de Nancy, poste qu’il occupa jusqu’en 1940, se faisant apprécier pour son dynamisme et son ouverture d’esprit. Il a révélé des artistes comme Paul COLIN, Jean Lurçat et René GIGUET. La défaite de 1940 lui fit quitter Nancy pour Nantua, le Calvados puis l’Algérie où l’un de ses gendres était sous-préfet.

Bien qu’il fût comblé d’honneurs au niveau national (chevalier de la Légion d’honneur en 1896, officier en 1925, commandeur en 1937) et international (officier de l’ordre de la Couronne de Chêne du Luxembourg en 1922), il continua à participer aux expositions lorraines, à Nancy (Société lorraine des Amis des Arts, Association des Artistes lorrains) mais aussi à Remiremont (1895, 1902, 1907), Gérardmer (1896), Epinal (1911) et Longwy (1914). Il prit part à Metz, en 1907, à la première exposition de la SLAAD dont il était membre du jury. L’année suivante, il organisa l’exposition de l’Ecole de Nancy à l’invitation de la Société des amis des arts de Strasbourg. Il présenta en 1913 des œuvres à la tempera à l’exposition nancéienne « Nymphéa » dont il dessina l’affiche. En 1920, la Moselle étant redevenue française, il participa à l’exposition nationale de Metz.

En tant que peintre, V. PROUVÉ céda à ses débuts aux tentations de l’orientalisme et du symbolisme, en particulier dans Sardanapale (toile présentée au Salon de 1885, achetée par l’Etat et attribuée au musée d’Alger, aujourd’hui disparue) et Les voluptueux, surprenante composition inspirée de L’Enfer de DANTE. Ensuite, il se consacra essentiellement au portrait et aux scènes exaltant le bonheur domestique et les valeurs du travail, aussi bien dans ses tableaux de chevalet que dans ses grandes compositions décoratives. On y décèle une passion pour l’étude du mouvement et du corps humain qui s’exprime dans un style vigoureux caractérisé par des couleurs chaudes et par un graphisme précis et nerveux. Il se consacra aussi au paysage, surtout après ses deux voyages en Tunisie qui lui permirent de donner libre cours à son goût pour la couleur et la lumière. Ces œuvres tunisiennes – huiles et aquarelles – se caractérisent par une liberté de touche que l’on retrouve dans les paysages peints dans la région de Carnac où l’artiste avait une résidence secondaire et séjourna régulièrement sa famille à partir de 1912. Le paysage étant pour lui lié au dépaysement, il peignit aussi sur le motif au Pays basque, en Savoie et Haute-Savoie, en Suisse, en Corse ainsi qu’à Nantua et à Briançon où vivaient deux de ses filles.

Son aisance technique, jointe à des préoccupations sociales et à la nostalgie d’un âge d’or où l’homme vivait en harmonie avec la nature, l’incita à s’intéresser à la peinture décorative qui lui donna l’occasion de réaliser de grandes compositions pour des édifices publics.

Dessinateur infatigable, il remplit d’innombrables carnets de croquis préparatoires et mit son talent au service de la publicité, de l’effort de guerre, de l’illustration, sans oublier couvertures de revues, menus, diplômes, annonces de spectacles, ex-libris etc. En 1908-09, il réalisa même des portraits-charges pour la revue Le Cri de Nancy. Reconnaissable entre tous, le graphisme sinueux de ses dessins allie puissance et élégance. Il pratiquait aussi le pastel, technique de la douceur presque exclusivement réservée aux portraits de ses proches.

Le Musée de l’Ecole de Nancy possède plus de 950 dessins réalisés par l’artiste lors de ses séjours tunisiens.

A partir de 1883, il se consacra parallèlement à la gravure qu’il pratiqua jusqu’à l’âge de 80 ans. Sa production gravée approche les 450 pièces, toutes techniques confondues : eau-forte, pointe sèche, aquatinte, manière noire, lithographie, exceptionnellement burin, zincographie, monotype et même bois pour l’illustration des Centaures (1924). Il était membre de la Société des peintres-graveurs depuis 1891 et membre fondateur de la Société internationale de la gravure originale en noir en 1908. Il collabora aux albums de L’Estampe originale en 1893 et 1894 et participa en 1904 à lapremière exposition de la Société de la gravure originale en couleur. En 1922, 76 de ses estampes figuraient à l’« Exposition des graveurs lorrains anciens et modernes » présentée par le Cercle artistique de l’Est, galeries Poirel à Nancy.

Il publia un recueil de huit lithographies en noir et sanguine à partir de croquis réalisés sur le terrain fin août 1914 ou d’après des clichés de Léopold POIRÉ*

Convaincu de l’unité de l’art et refusant toute hiérarchie, V. PROUVÉ possédait une grande curiosité et une authentique habileté manuelle qui l’incitèrent à s’intéresser aux multiples activités des arts décoratifs et à collaborer avec de nombreux artisans d’art. Dès 1871, il dessina pour Charles GallÉ le décor d’un service d’assiettes. Il fournit ensuite des modèles de vases à Emile GallÉ et de verrerie de table à la fabrique de Vallerysthal. Il confia aussi aux céramistes MOUGIN l’édition de vases en grès et de statuettes en grès ou en biscuit. Dans le domaine de la marqueterie, on lui doit des maquettes pour gallÉ et pour Louis MAJORELLE. Autour de1900, il s’intéressa également au textile, collaborant à Nancy avec Charles FRIDRICH* et, pour ce qui est de la broderie, avec Albert HEYMANN à Nancy et avec Fernand COURTEIX dans la capitale. Il dessina aussi des motifs de nappes et de serviettes pour les tissages COLSON de Julienrupt (Vosges).

En 1892, il aborda le travail du cuir et, en collaboration avec Camille MARTIN, réalisa des reliures exécutées dans l’atelier de René WIENER. Ce fut une révolution de cet art par l’emploi de la pyrogravure – expérimentée précédemment avec des bois brûlés – associée à la mosaïque de cuir dans des « reliures-tableaux » où plats et dos développent le même décor. Réalisant la conception et la réalisation partielle de ces reliures, il se brouilla en 1897 avec R. WIENER qui s’en attribuait la paternité ; aussi confia-t-il ses productions ultérieures au relieur parisien Emile CARAYON, occasion pour lui d’aborder de nouvelles techniques comme le martelage, le repoussage ou la ciselure du cuir. Il réalisa aussi des panneaux de cuir destinés au décor mural dont l’exemple le plus abouti, exécuté en 1905-06, ornait la salle à manger de Charles MASSON conservée au Musée de l’Ecole de Nancy.

En 1893, il fournit au peintre verrier parisien Henri CAROT des cartons de vitraux dans le cadre d’un concours destiné à fournir des verrières johanniques à la cathédrale d’Orléans.

Egalement attiré par les métaux précieux, il réalisa à partir de 1897 des bijoux en or ou en argent dont il confia la mise en œuvre et l’édition à l’orfèvre parisien Charles RIVAUD.  Deux ans plus tard, ses bijoux furent exposés à Londres, aux Grafton Galleries. On lui doit aussi des médailles en bronze (effigie d’E. FRIANT, Chambre de Commerce de Nancy).

Il s’intéressa occasionnellement à la ferronnerie : en 1903, il conçut une grille en fer forgé exécutée dans la capitale par Emile ROBERT et dessina probablement celle qui orne la porte de la crypte du Monument de la Victoire inauguré à Verdun en 1929.

PROUVÉ aborda la sculpture en autodidacte et réalisa en trois dimensions des œuvres très diverses, de la statuaire pour des monuments publics aux statuettes consacrées à ses enfants, en passant par les objets utilitaires et les bas-reliefs destinés aux productions de ses amis céramistes ou ébénistes. Sans oublier les exceptionnelles compositions symbolistes influencées par Auguste RODIN avec qui il entretint une correspondance. Comme l’écrivent Valérie THOMAS et Jérôme PERRIN, « vases, soliflores, porte-bouquet, coupes, lutrin, coffret, boîte aux lettres et entrée de serrure sont autant de prétextes pour l’artiste à dépasser les clivages traditionnels entre arts décoratifs et beaux-arts » (2008)

En 1893, il présenta avec C. MARTIN au concours organisé pour célébrer la victoire en 1477 de René II sur Charles le Téméraire un projet de monument qui fut primé mais non réalisé car jugé choquant. Le monument définitif fut finalement conçu par PROUVÉ, édifié par l’architecte Georges BIET et inauguré place de la Croix de Bourgogne en 1928.

Il se passionna également pour la photographie qu’il pratiqua en amateur éclairé, l’utilisant pour la préparation de certaines de ses œuvres. Il était l’ami des photographes Henri BELLIENI et Léopold POIRÉ*.  Le Musée de l’Ecole de Nancy possède un fonds important de tirages et de plaques de lui ou lui ayant appartenu.

Il est le père de l’architecte et ingénieur Jean PROUVÉ (Paris 1901-Nancy 1984) et de l’architecte Henri PROUVÉ (1915 – 2012). Le fils du premier, Claude (1929-2012), choisit lui aussi la voie de l’architecture et épousa en 1963 la petite-fille de l’architecte Emile ANDRÉ*, elle-même fille d’architecte.

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Je vous propose aussi deux autres toiles de peintres lorrains , que j’aime beaucoup sur ce thème.

« Paysage à l’étang » de H. Gide

« Les vendanges à Bar le Duc » C.L. Malapeau

Le tableau du samedi

Pour le  tableau du samedi, initié par Lady Marianne et poursuivi par Lilou et Fardoise, un clic sur le logo.

Fardoise nous propose de célébrer l’automne, ses belles couleurs , les feuilles qui tombent et les premiers frimas .

J’ai choisi ce paysage automnal d‘Edward Cucuel

J’aime beaucoup ce tableau qui laisse toute sa place à cette nature flamboyante . La jeune femme, contrairement aux autres tableaux de cet article, ne monopolise pas le regard . Un banc semble nous inviter à prendre place pour profiter tout à loisir de ce magnifique été indien au bord de l’eau. Une partie du feuillage jonche déjà le sol, mais l’arbre joue encore son va – tout avec ses ors magnifiques.

Wikioo.org – L'Encyclopédie des Beaux Arts - Peinture, Oeuvre de Edward Cucuel - Automne Sun
Soleil d’automne

L’automne peut se révéler radieux ( comme cette année ) et autoriser des pauses bien agréables comme nous pouvons le remarquer sur ces deux autres tableaux . Le contraste est saisissant entre les tenues claires , vaporeuses, des jeunes femmes et les habits flamboyants de l’automne .

Wikioo.org – L'Encyclopédie des Beaux Arts - Peinture, Oeuvre de Edward Cucuel - Thé dans le parc
Thé dans le parc

Edward Cucuel , né à San Francisco  le 6 aout 1875 et mort à Pasadena le18 avril 1954, est un peintre et illustrateur américain. Pour en savoir plus sur lui un clic ici

Le tableau du samedi

Pour le  tableau du samedi, initié par Lady Marianne et poursuivi par Lilou et Fardoise, un clic sur le logo.

Pour ce thème des petites bêtes choisi par Fardoise, je vous propose ce tableau « fleurs et fruits » de Balthasar van der Ast (1593-1657)

Fichier:Balthasar van der Ast - Fleurs et fruits - WGA1040.jpg

Une nature morte que j’aime beaucoup, des fruits et des fleurs sur lesquels glissent la lumière s’attardant plus particulièrement sur les pommes, poires, coings , raisin blanc, tulipes . Nombreux sont les insectes sur la toile, scarabée à côté du plat, chenille escaladant la nappe, papillons tantôt sur la feuille d’une tulipe , tantôt sur un fruit, coléoptère jaune et noir , criquets s’affairant près du vase . Plusieurs araignées viennent compléter cette liste des petites bêtes. Trois coquillages enfin nous rappellent la mer, l’un d’entre eux est occupé par un pagure (Bernard l’Hermite) semblant pressé de la retrouver .

Un autre tableau de cet artiste, cette fois- ci les fleurs sont absentes mais d’autres insectes sont présents et leur prédateur aussi, le lézard à l’affut devant une libellule. Un rappel de la précarité de l’existence de ces êtres comme de celle des hommes .

Fichier:Panier de fruits.jpg

Jacques Foucard du Petit Larousse de la peinture dit de ce peintre :

« Curieux de perspective, exécutant raffiné, sensible à l’éclat des tons comme aux nuances de la lumière, préoccupé de recherches décoratives parfois très proches de celles des Flamands Snyders et Adrien Van Utrecht, il a joué un rôle déterminant dans l’évolution de la nature morte néerlandaise en accordant la même importance aux considérations picturales et au simple naturalisme. »

Pour en savoir plus sur ce peintre néerlandais un clic ici

Le tableau du samedi

Pour le  tableau du samedi, initié par Lady Marianne et poursuivi par Lilou et Fardoise, un clic sur le logo.

Fardoise nous propose de chercher la petite bête pour ce samedi .

Je vous propose « l’étrange jardin » de Josef Mehoffer

Cette toile a été peinte en 1902, au cours des vacances d’été du peintre avec sa famille à Siedlec, un village près de Cracovie . L’attention du spectateur est attirée par l’enfant nu, le fils du peintre , baigné de lumière, portant de belles tiges de roses trémières. Sa mère, vêtue d’une superbe robe saphir, et sa nounou, vêtue du costume traditionnel de la région de Cracovie , s’approchent dans l’allée du verger. Puis l’œil se fixe sur cette libellule qui semble dominer la scène à la manière d’un drone, que les personnages ne remarquent même pas.

C’est peut-être  une apparition soudaine de l’insecte, juste devant les yeux de l’artiste, alors qu’il regardait sa femme et son fils, ce qui expliquerait son apparence et ses proportions . Ce serait une trace de son regard. L’insecte est complètement plat et ne rentre pas dans l’espace du tableau, niant les règles de sa construction.

L’œuvre surprend par la juxtaposition de l’aspect réaliste de la représentation, marqué par le souci du détail, de la verdure minutieusement représentée ou des vêtements féminins, avec la libellule plate, schématiquement dessinée, dont la forme évoque des associations avec l’orfèvrerie ou le vitrail. On peut en effet noter des analogies avec le vitrail dans ce remplissage doré du squelette, de l’abdomen et des ailes, divisé par des lignes noires ressemblant à des bandes de plomb utilisées dans les vitraux.

Pour en savoir plus sur Joseph Mehoffer ,peintre polonais, né en 1869 mort en 1946 un clic ici .