Cléon

Pour les prénoms du mercredi à la cour de récré de Jill Bill un clic sur le logo.

C léon ne sait quelle couleur est de bon ton.

L e voilà plongé dans un drôle de tourbillon.

E tre créateur, ne veut pas dire brouillon.

O riginales , ses expos font un carton,

N aturellement, il passe pour un trublion.

**

C léon se moque du qu’en dira – t – o N.

L ibre comme l’air, partout, c’est son cred O.

E st ce sa faute s’il préfère être drôl E ,

O uvrant d’autres visions du musée idéa L ?

N on, même si parfois, il peut y avoir un couaC

Le mot mystère

Pour le mot mystère chez Lilou un clic sur le logo .

La personne à trouver : Louise Michel .

Connue pour son engagement politique pendant la commune de Paris, condamnée à la déportation à vie en Nouvelle – Calédonie , Louise Michel est aussi une pionnière du féminisme . Elle ne supporte pas que les femmes soient sans cesse humiliées , qu’on les musèle de mille façons et le fait savoir dans ses mémoires .

« La question des femmes est, surtout à l’heure actuelle, inséparable de la question de l’humanité. »
« Les femmes, surtout, sont le bétail humain qu’on écrase et qu’on vend », avant de lancer : « Notre place dans l’humanité ne doit pas être mendiée, mais prise. »

De même elle cloue au pilori ceux qui pensent que la prostitution peut se résoudre par le biais des maisons closes . Tous les hommes pour elle sont mouillés dans cet esclavagisme particulier riches ou pauvres.

« Il y a entre les propriétaires des maisons de prostitution échange de femmes, comme il y a échange de chevaux ou de bœufs entre agriculteurs ; ce sont des troupeaux, le bétail humain est celui qui rapporte le plus. […] Si les grands négociants des marchés de femmes qui parcourent l’Europe pour leur négoce, étaient chacun au bout d’une corde, ce n’est pas moi qui irais la couper. […] Est-ce qu’il n’y a pas des marchés où l’on vend, dans la rue, aux étalages des trottoirs, les belles filles du peuple, tandis que les filles des riches sont vendues pour leur dot ? L’une, la prend qui veut ; l’autre, on la donne à qui on veut. La prostitution est la même […] Esclave est le prolétaire, esclave entre tous est la femme du prolétaire »

Un film retrace une partie de sa vie ,  » Louise Michel la rebelle  » avec Sylvie Testud comme interprète. L’action se déroule pendant sa déportation et son exil. Cette approche a plu à l’actrice car c’était un épisode méconnu de sa vie . « J’avoue que si le film avait porté sur Louise Michel la revendicatrice, je n’aurais sans doute pas accepté. Les idéologies me paraissent souvent complexes à interpréter, et les contestataires jusqu’au-boutistes, ont tendance à m’effrayer. Mais, en déportation, Louise va se révéler une incroyable et courageuse résistante, prenant la tête des autres exilés, veillant sur eux, et, surtout, nouant un lien inédit – invraisemblable pour cette époque ! – avec les kanaks. » Elle continue de vouer à l’école un attachement indéfectible , elle apprend la langue canaque et enseigne à Nouméa .

J’ai vu ce film poignant et émouvant , je vous le conseille même si les critiques presse ne sont pas unanimes . Un très beau portrait de cette femme qui jusqu’à sa mort gardera le pouvoir de dire non , admirablement interprétée par Sylvie Testud.

Défi 265 des Croqueurs de mots

Josette ( clic) pour ce défi n° 265 sort de sa cachette et nous propose :

D’ écrire une petite histoire en utilisant les mots 

suivants dans leur sens masculin et féminin : Carpe, Faune, 

Greffe, et aussi d’intégrer : Dauphin et DauphineLézard et 

LézardeLoup et Loupe (et plus si affinité)!

Depuis une bonne semaine Eliot et Emeline cochent systématiquement chaque jour passé. Voilà, c’est fait, ils sont en mode vacances . Comme deux diablotins sortis de leur boite, ils s’élancent hors de la cour de l’école. Le départ pour la maison de leurs grands – parents approche, les parents ont déjà tout préparés il ne reste plus qu’à monter dans la voiture.

Ils en ont plus qu’assez de la ville , de ses bruits incessants, de cette faune qui squatte toutes les parcs, rendant bien souvent leur accès impossible. Bientôt, ils vont respirer une autre atmosphère, celle d’une verte campagne aux doux murmure et retrouver la vieille bâtisse au toit de lauzes, ses rosiers grimpants masquant la grande lézarde courant sur la façade, jalousement chouchoutés par mamie. Surtout, ils savent qu’ils partiront à l’aventure dans le grand parc partiellement domestiqué, papi n’aimant pas contraindre trop la végétation. Un peu étonnant pour ce juriste qui ne supportait pas la moindre absence de virgule dans les rapports du greffe du tribunal. Mais c’est ainsi, il préfère de loin une tonte raisonnée, laissant le champ libre à ses petits loups avides de nature. Chaque herbe sera scrutée à la loupe par les deux enfants toujours friands de découvertes qu’elles soient macro ou microscopiques.

Immanquablement, à leur arrivée, ils courront après la ribambelle de lézards se chauffant sur les vieilles pierres du mur . Puis ils iront, avec mamie, donner à manger aux carpes du bassin , mimeront les bouches démesurément ouvertes, clapant dans le vide. Ils ne perdront pas une minute du spectacle quand les poissons, sautant comme de véritables dauphins, se jettent sur les boulettes de blé et de maïs concassés , un vrai festival .

Ils vérifieront aussi si la dauphine Gordini est toujours dans le garage. Car Papi ne manquera pas de les emmener au village dans sa voiture bichonnée comme un sou neuf, à la moindre occasion. Ils restent toujours fascinés par l’extraordinaire souplesse de son poignet droit , pour manier le manche du levier de vitesses alors que ses os du carpe ont subi de multiples fractures lors d’une sortie de route et qu’une greffe de peau a été nécessaire.

Mais maintenant il n’est plus question pour le grand – père de risquer sa vie dans les rallyes, l’adrénaline, il a eu largement sa dose dans la dernière manche disputée . Mamie en est ravie, elle peut tranquillement se mettre à la flute , sans trembler, jouer par exemple « le prélude à l’après – midi d’un faune » de Debussy , et pendant les vacances initier Emeline et Eliot à la musique.

Tout est fin prêt pour accueillir parents et enfants, chacun rivé à son portable guette le coup de fil ou le sms annonçant le départ. Farouchement opposés à cette mode du tout numérique au début, ils ont fini par y adhérer. Dans quelques heures, une joyeuse déferlante investira toute la maison , pour le plus grand bonheur de papi et mamie .

Suite du musée sentimental d’Eva Aeppli

La table ( 1965 – 1967 )

Eva Aeppli explique sa démarche dans sa lettre à Małgorzata Białoń-Treit, en 1999.

« Contrairement aux autres [groupes], chaque personnage est ici individualisé (visages brodés, costumes variés). Cependant, aucun ne porte de nom, à l’inverse des personnages individuels qui ont précédé ou suivi. Aucun n’est non plus un portrait de personne réelle, comme je le fais de temps en temps.


Dans la culture occidentale, treize personnages autour d’une table évoquent la cène. Mais dans ma « Table », on ne reconnait ni le Christ, ni aucun des apôtres. Les hommes et les femmes rassemblés là représentent la condition humaine. Il ne s’agit pas non plus, comme cela a été dit, d’une transposition des danses macabres du Moyen Âge, dans lesquelles on reconnaissait des rois, des évêques, des bons, des mauvais…
J’ai mis la Mort au centre de ce groupe de personnages pour figurer les crimes qui ont été commis au xxe siècle. Cette idée revient d’ailleurs très fréquemment dans mon œuvre (exemple Les juges ).

L’analyse de cette œuvre serait plutôt le message d’amour et de tolérance du Christ (qui serait normalement à la place de la Mort dans ce groupe) n’est pas passé dans le cœur des hommes. »

Le tableau du samedi

Pour le  tableau du samedi, initié par Lady Marianne et poursuivi par Lilou et Fardoise, un clic sur le logo.

Je vous propose pour ce thème des émotions une œuvre d’Eva Aeppli vue récemment au Centre Pompidou Metz

Sur chaque panneau son personnage fait transparaitre une émotion différente , tantôt joyeux , tantôt inquiet, tantôt mécontent . L’artiste dans une lettre adressée à une amie lui dit :  » J’ai commencé à exprimer les sentiments et pensées que m’inspirait le monde humain extérieur à moi avec les tableaux à l’huile. Les personnages en trois dimensions sont un prolongement des tableaux à l’huile. »

Eva Aeppli née le 2 mai 1925 à Zofingue ( Suisse ) Son père est l’un des fondateurs de l’école Steineer à Bâle et elle en suit les cours . 1939-1945 Pendant la guerre la famille d’Eva s’engage en accueillant des enfants juifs . 1948 – 1951 L’expérience traumatique de la guerre et la naissance de son premier enfant, Félix Leu, plongent Eva dans un profond désarroi. Elle intègrera une clinique psychiatrique à Nyon .

Pour en savoir plus sur cette artiste et son œuvre un clic ici .

Après le clic – clac d’hier où je vous présentais ses personnages tout habillés de noir voici un autre aspect de ses sculptures en tissu à taille humaine.

Clic – clac

Le Clic Clac  chez Tortue ( clic)  , c’est une photo publiée le vendredi pourvu qu’elle soit rigolote, insolite, amusante, poétique, anodine.

Je vous propose une des œuvres du musée sentimental d‘Eva Aeppli dans le cadre de l’exposition au centre Pompidou Metz . Des sculptures textiles à taille humaine vraiment originales qui semblent sorties des tableaux de l’artiste.

Eva Aeppli ( 1925 – 2015) grandit à Bâle où elle suit l’enseignement anthroposophique de Rudolf Steiner. Du traumatisme de la seconde guerre mondiale nait son inlassable quête pour la dignité humaine .

Jeudi poésie

Pour le défi 265 Josette (clic) sort de sa cachette et nous propose pour ce jeudi :

Un poème en « ic », « oc », et « ac » .

Pic, pic, aérobic

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À la ferme de l’alambic, y a un hic.

Germaine la poule, n’attrape plus les lombrics

Avec Fiona la cane, elle préfère l’aérobic,

Se moquant de ceux qui pigent que couic,

Toujours aussi lents à suivre le déclic.

Amar le jars, a horreur de ce micmac,

« Que le grand cric me croque avec ses tics

Si elles n’ont pas la cervelle en vrac »

Milou, le chien, a bien perçu le couac,

Mais préfère dormir sous le hamac,

Loin de se mettre la bile en vrac.

« Mille sabords, quel est ce bric à brac ? »

Crie à tue – tête Chantecler le coq.

« Il faut bien entendu faire un seul bloc,

Remettre sur les rails ces deux sinocs,

Quitte à recourir à certains médocs !

Pas question d’accepter cette provoc

Et de finir complètement toc , toc ! «