Le tableau du samedi

Pour le  tableau du samedi, initié par Lady Marianne et poursuivi par Lilou et Fardoise, un clic sur le logo.

Cette fois ci j’ai choisi une activité différente , le jeu .

Je vous propose donc le tricheur à l’as de carreau de Georges de La Tour .

La Tour Le Tricheur Louvre RF1972-8.jpg

La toile, étirée en largeur , représente quatre personnages cadrés à mi-corps, repartis autour d’une table de jeu recouverte d’une nappe vert-jaune. Les protagonistes se détachent sur un fond sombre, coupé seulement par une bande plus claire à droite du cadre, ce qui rend impossible l’identification précise du lieu où se déroule la scène. Trois jouent aux cartes, assis, un jeune homme à droite, une femme au centre et un homme à gauche, tandis qu’une servante debout sert un verre de vin à la femme du centre. La scène est éclairée par une source hors-cadre, provenant de la gauche : la lumière crue et froide découpe les silhouettes tout en créant des effets de contraste saisissants.

La lumière frappe le dos du tricheur, mais aussi ses cartes, dont la blancheur est ainsi révélée. Son visage dans l’ombre est tourné vers sa droite. Les yeux en coin, un léger sourire aux lèvres, il jette un regard vers l’espace situé au-devant de la toile.

Il porte un justaucorps en peau  à la manière des militaires de l’époque. Des coutures aux épaules pendent des aiguillettes noires, dénouées. Noire est aussi sa ceinture qui lui permet de cacher des cartes. Ses manches fendues laissent voir, sur le bras droit, une chemise blanche.

Les épaules de la servante sont de trois quarts tournées vers la courtisane, sa tête est de profil. La lumière frappe l’arrière de son turban satiné , et laisse son visage dans une ombre légère. Son œil droit en coin pourrait s’adresser au spectateur.

Elle porte une brassière qui se termine par un ruban passementé lie-de-vin, semblable à celui du col du tricheur. Par-dessus est enfilé un corselet  bleu-vert qui passe par ses épaules, et dont les manches blanches sont ornés motifs noirs, brodés ou imprimés : l’ensemble, largement décolleté, laisse voir la naissance de sa poitrine. Elle porte au poignet droit un bracelet de pierres rouge vif. Elle a enfin une robe rouge vermillon.

La courtisane est en pleine lumière, c’est elle qu’on remarque immédiatement avec son collier de grosses perles et ses pendants d’oreille en forme de poire. Elle porte une toque rouge à cornes décorée d’une plume d’autruche frisée et teintée en carmin, ainsi que d’une broche circulaire faite d’une pierre noire cerclée d’or, terminée par un pendentif en perle. Elle est vêtue d’une élégante robe de velours ocre-brun décorée de galons d’or et de boules dorées aux emmanchures. Ses manches laissent voir leur doublure de soie jaune, et la blancheur d’une chemise. Sa main gauche, dont le tranchant repose sur la table, tient quatre cartes, dont le dos blanc seul est visible. Devant ces cartes sont étalées, sur la table, huit pièces d’or. De l’index de la main droite légèrement replié, elle s’adresse au tricheur, qui ne la regarde pas. Ses yeux en coin regardent vers le haut, vers la servante. Son visage est d’un ovale parfait presque sans menton ni pommettes.

À droite, assis au premier plan devant la table, légèrement tourné vers sa gauche, un jeune homme aux cheveux bruns souples, aux traits ronds pleins de mollesse, les joues tombantes, se tient droit, les yeux rivés sur ses quatre cartes, dont un pique, sûrement le six, qu’il tient des deux mains. Une grosse somme d’argent s’étale devant lui : une douzaine de monnaies d’or — doubles et quadruples pistoles d’Espagne45 —, et une pièce d’argent.

Le jeune homme à droite est vêtu avec un soin. Il porte une petite toque  de la même couleur vermillon que la coiffe de la courtisane, orné lui aussi d’une plume d’autruche entouré d’un galon argenté terminé par deux glands qui tombent sur le côté. Le large rabat blanc qui lui cache presque entièrement le cou est décoré de grenades en damier bleu, rouge et or. Il est vêtu d’ un pourpoint  de brocart  argenté aux riches motifs d’or et d’argent. Ses larges manches blanches, à l’apparence satinée, présentent aux poignets des volants froncés terminés par un liseré noir et or. Des rubans de satin corail complètent l’ensemble : l’un, noué autour du cou, lui descend au milieu de la poitrine, et des aiguillettes sont soigneusement nouées aux emmanchures.

On joue gros, comme le révèlent les pièces, essentiellement d’or, étalées sur la table.

Georges de La Tour a fait une autre version de ce tableau à savoir le tricheur à l’as de trèfle ci – dessous . Vous pouvez remarquer qu’il n’est pas absolument identique au premier . Les visages et les attitudes ont été modifiées, les vêtements, les couleurs de ces derniers aussi .

Fichier:Georges de La Tour - Le tricheur avec l'as de trèfle - Google Art Project.jpg
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