Le tableau du samedi

Pour le  tableau du samedi, initié par Lady Marianne et poursuivi par Lilou et Fardoise, un clic sur le logo.

Pour ce thème du miroir choisi par Lilou, je vous propose

Tout est vanité de  Charles Allan Gilbert, 1892

Fichier:Allisvanity.jpg

Une œuvre tres intéressante car pouvant être vue de deux façons. L’image est constituée de deux plans , le premier celui de la jeune femme qui se regarde dans le miroir, le deuxième celui du reflet dans le miroir à savoir ce crane en pleine lumière . Une superbe illusion d’optique que suggère l’artiste. La lumière est projetée du côté droit, la jeune femme étant tournée de ce côté. Le noir occupe une place plus importante que le blanc dans le tableau et suggère la tristesse.

L’image est très révélatrice. Elle essaie de nous dire que la beauté s’efface au fil du temps. Si on recule bien pour regarder, la femme et son chignon sont les yeux de la tête de mort, les flacons semblent être des dents, le reflet de la bougie le nez . Le chandelier allumé représente le temps qui passe. Peu importe le nombre de flacons et produits de beauté que l’on peut apercevoir sur la table, l’issue sera la même.

L’œuvre, une gravure à l’encre a été réalisée par Charles Allan Gilbert alors qu’il n’avait que 18 ans , en 1892, et se trouve au musée des Beaux Arts de Dunkerque.

Pour avoir plus de renseignements sur cet artiste illustrateur américain un clic ici

Pour finir sur une note plus gaie, j’ai pensé aussi à une autre femme devant son miroir  » La toilette » de Louise Catherine Breslau

Fichier:Breslau La toilette.jpg

Pour en savoir plus sur cette artiste un clic ici

Le tableau du samedi

Pour le  tableau du samedi, initié par Lady Marianne et poursuivi par Lilou et Fardoise, un clic sur le logo.

Pour ce thème du miroir choisi par Lilou, je vous propose cette jeune femme assise sur deux coussins se regardant dans une glace à chevalet d’ Adrien Etienne .

Il ne s’agit pas d’une huile mais d’une œuvre fixée sous verre .

La peinture sous verre, ou  » fixé sous verre « , consiste à exécuter le travail de peinture au revers d’une plaque de verre. L’une des difficultés du procédé est de peindre le motif inversé et, au contraire de la technique normale, d’exécuter les détails (le nez, les yeux, les fleurs) avant le fond (le visage, le paysage), le spectateur devant regarder l’œuvre terminée sur le côté non peint de la plaque de verre. L’artisan utilise des couleurs à l’huile ou à la gouache mélangées à une colle spéciale. On appelle verre  » églomisé  » la technique qui utilise des feuilles d’or ou d’argent soudées entre deux pellicules de verre.

Une deuxième version avec une autre posture et un petit chapeau pour la jeune femme selon la même technique.

ÉTIENNE   Adrien Désiré, dit DRIAN

Bulgnéville (88) 1885 – Haravilliers (95) 1961

Dessinateur, graveur, lithographe, peintre et décorateur

Fils d’un brigadier de gendarmerie et d’une couturière.

Ses parents étaient nés dans la Meuse : son père à Vigneulles-lès-Hattonchâtel, sa mère à Saint-Benoît-en-Woëvre.

Il passa sa jeunesse en Lorraine, au gré des affectations de son père : Conflans (1886), Commercy (1895), Remiremont (1893 puis 1898). C’est dans cette ville qu’il développa ses dons précoces pour le dessin au contact de Henri RONDOT*, professeur de dessin au collège, et de Pierre WAIDMANN*. En 1898, Alfred RAMBAUD, ministre de l’Instruction publique et de Beaux-Arts, remarqua ses dispositions artistiques à l’occasion d’une visite au collège de Remiremont. Il n’avait pas quatorze ans lors de sa première participation au Salon de la Société nationale des Beaux-Arts avec une aquarelle peinte sur éventail. Cette même année 1899, ses aquarelles présentées à l’exposition de Langres lui valurent une médaille d’argent. En 1900, sa famille s’installa à Neuilly-sur-Seine où demeuraient P. WAIDMANN et, dans la même rue que le jeune Adrien, Emile BASTIEN-LEPAGE*. Il obtint cette année-là du conseil général des Vosges une subvention de 400 F pour étudier à l’Ecole nationale des arts décoratifs. Il n’en suivit pas les cours et elle lui fut supprimée. Il aurait fréquenté l’académie Julian mais nous n’avons pas trouvé trace de son passage. Il poursuivit ses envois au Salon de la SNBA jusqu’en 1911 et sa réputation naissante lui valut en 1905 d’être invité à Londres par le Daily Telegraph, au moment des courses d’Ascot. Désormais installé dans la capitale, il se fit un nom dans le monde de la mode, réalisant des dessins pour les grands couturiers (Paul POIRET, Jeanne PAQUIN, WORTH, CHANEL), pour les revues Femina (1907), Harper’s Bazar (1910) et pour les catalogues du magasin « Le Printemps ».

Réfugié en Indre-et-Loire pendant la guerre, il épousa fin 1914 à Fondettes (37) Henriette HOCHSÉ, fille d’un ancien négociant. Il prit part l’année suivante à l’Exposition internationale de San Francisco.

ETIENNE publia un album de 12 planches : Les Femmes et la guerre. Paris, Devambez, s.d. [1918], et participa à l’exposition organisée en janvier 1918 galerie Devambez au profit des orphelins de guerre des P.T.T. Il poursuivit sa carrière après la Première Guerre et fournit des illustrations à d’autres magazines : La Gazette du Bon Ton (1913 à 1921), Le Journal des dames et des modes, Les Costumes parisiens, Les Feuillets d’art (1920), Flirt (1922), Plaisir de France, Les Modes, L’Illustration (N° de Noël en 1930, 1934 et 1935). Il fit parallèlement une carrière de portraitiste mondain et nombre de collections privées possèdent des œuvres de lui fixant les traits de personnalités du monde de la mode, du spectacle, de la diplomatie ou de l’aristocratie, comme la duchesse de WINDSOR et la princesse Henri de POLIGNAC dont il fréquenta, après la dernière guerre, le domaine de Kerbastic, dans le Morbihan. Dans les années 1920, il séjournait régulièrement au moulin du Breuil à Combs-la-Ville (77), propriété d’Héléna RUBINSTEIN. En 1925, lui-même acheta à Gif-sur-Yvette (91) un moulin qu’il revendit aux WINDSOR 27 ans plus tard, avant de s’installer au Ruel, commune d’Haravillers, où il mourut accidentellement.

A ses débuts, ÉTIENNE était attaché à ses racines lorraines. A l’âge de douze ans, il réalisa au crayon des vues de Commercy qui témoignent d’une remarquable précocité. Jusqu’en 1914, il séjournait régulièrement dans la maison familiale de Saint-Benoît-en Woëvre, brûlée par les allemands en 1918. Il participa au Salon de Nancy en 1899, 1901, 1902 et 1909, ainsi qu’aux expositions de Remiremont (1902, 1907, 1913) et d’Epinal (1908 et 1909).

Selon le critique de L’Est républicain, ses aquarellent illustrant Cendrillon présentées en 1902 au Salon de Nancy « rappellent la riche imagination de Gustave Doré. »

Selon le critique de L’Est républicain, ses aquarelles illustrant Cendrillon présentées en 1902 au Salon de Nancy « rappellent la riche imagination de Gustave Doré. »

Les galeries parisiennes s’intéressèrent tôt à ses gravures : en 1909, il exposa chez Devambez et chez Georges Petit (avec la Société de la gravure originale en couleurs). Il leur resta fidèle après la guerre tout en présentant régulièrement ses œuvres à la galerie Charpentier à partir de 1923.

 Considéré comme le peintre de la femme qu’il met en valeur dans un style souple et élégant qui rappelle Giovanni BOLDINI, il était avant tout un dessinateur raffiné, héritier de la tradition française du XVIIIe siècle. Son élégance naturelle se retrouve dans ses eaux-fortes et ses pointes sèches, qui ont la finesse nerveuse de celles de Paul HELLEU. Coloriste discret, il utilisait avec parcimonie la couleur, aussi bien dans ses dessins que dans ses gravures.

Dès sa première participation à l’exposition de la Société de la gravure originale en couleurs, le critique de La France illustrée évoque «de fines silhouettes de jeunes femmes délicieusement coloriées, très crânes et très enlevées ». (1909)

Il peignit également des fixés sur verre, notamment des fleurs. Artiste polyvalent, il fit une carrière d’illustrateur et réalisa des décors d’intérieurs, de théâtre et de music-hall. On lui doit les décors et les costumes de :

  • La revue de Cécile Sorel, au Casino de Paris (1933)
  • Manon, de Jules MASSENET, à l’Opéra-Comique (1939)
  • Le Petit Café, de Tristan BERNARD, au Théâtre Antoine (1949)

En 1943, il avait peint pour ce dernier théâtre les fresques du foyer et le rideau de scène.