Le tableau du samedi

Pour le  tableau du samedi, initié par Lady Marianne et poursuivi par Lilou et Fardoise, un clic sur le logo.

Fardoise nous propose comme thème  » repas de fêtes »

J’ai choisi un tableau de Jean Baptiste Greuze « le gâteau des rois »

Greuze peint un intérieur paysan, le décor est simple, sans être indigent. Grâce à un jeu subtil de clair-obscur, le mur sombre contraste avec la grande table familiale revêtue d’une nappe blanche. Le décor comprend différents récipients, un panier renversé, de la vaisselle d’étain et un chat assis sur le banc. L’artiste insiste sur les expressions et les regards des personnages dont les visages sont tous baignés de lumière, ce qui permet d’animer la scène en autant de portraits. Ici, la famille de paysans régulièrement mise en scène dans les œuvres de genre de Greuze, est rassemblée autour de la table. Les personnages sont vêtus de beaux costumes qui confirment qu’il s’agit d’une journée importante. Debout, une jeune fille apporte une soupière fumante, alors que les autres personnages sont tournés vers la scène qui se déroule au premier plan.

La galette, ou gâteau des rois, est placée sur la table, au centre de la composition et des lignes directrices. Il s’agit d’une galette à pâte feuilletée, comme le veut la tradition répandue dans la moitié nord de la France. Une part de galette est volontairement laissée de côté dans le plat, sûrement pour illustrer la part laissée au pauvre. Au premier plan, un jeune garçon, le benjamin de la famille, a encore du mal à tenir debout. Il est soutenu par une jeune fille, afin de « tirer les rois » parmi les parts de galette rassemblées par le père dans un morceau de linge blanc.

Derrière le père qui est assis dans son fauteuil avec un visage sombre et figé, une jeune fille ne peut pas voir la scène. Elle est probablement affectée à la désignation de la personne à qui s’adresse la part qui vient d’être tirée au sort. Cette situation est suggérée par son air interrogatif renforcé par une mimique, celle du doigt porté sur ses lèvres. L’artiste décide de la représenter sur le tableau, plutôt qu’elle se retrouve sous la table, afin qu’elle participe pleinement à la scène. Ce rituel permet au détenteur de la fève, un petit morceau de porcelaine qui représente l’enfant Jésus, de devenir le roi ou la reine d’un jour.

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