Suite du musée sentimental d’Eva Aeppli

La table ( 1965 – 1967 )

Eva Aeppli explique sa démarche dans sa lettre à Małgorzata Białoń-Treit, en 1999.

« Contrairement aux autres [groupes], chaque personnage est ici individualisé (visages brodés, costumes variés). Cependant, aucun ne porte de nom, à l’inverse des personnages individuels qui ont précédé ou suivi. Aucun n’est non plus un portrait de personne réelle, comme je le fais de temps en temps.


Dans la culture occidentale, treize personnages autour d’une table évoquent la cène. Mais dans ma « Table », on ne reconnait ni le Christ, ni aucun des apôtres. Les hommes et les femmes rassemblés là représentent la condition humaine. Il ne s’agit pas non plus, comme cela a été dit, d’une transposition des danses macabres du Moyen Âge, dans lesquelles on reconnaissait des rois, des évêques, des bons, des mauvais…
J’ai mis la Mort au centre de ce groupe de personnages pour figurer les crimes qui ont été commis au xxe siècle. Cette idée revient d’ailleurs très fréquemment dans mon œuvre (exemple Les juges ).

L’analyse de cette œuvre serait plutôt le message d’amour et de tolérance du Christ (qui serait normalement à la place de la Mort dans ce groupe) n’est pas passé dans le cœur des hommes. »

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Le tableau du samedi

Pour le  tableau du samedi, initié par Lady Marianne et poursuivi par Lilou et Fardoise, un clic sur le logo.

Je vous propose pour ce thème des émotions une œuvre d’Eva Aeppli vue récemment au Centre Pompidou Metz

Sur chaque panneau son personnage fait transparaitre une émotion différente , tantôt joyeux , tantôt inquiet, tantôt mécontent . L’artiste dans une lettre adressée à une amie lui dit :  » J’ai commencé à exprimer les sentiments et pensées que m’inspirait le monde humain extérieur à moi avec les tableaux à l’huile. Les personnages en trois dimensions sont un prolongement des tableaux à l’huile. »

Eva Aeppli née le 2 mai 1925 à Zofingue ( Suisse ) Son père est l’un des fondateurs de l’école Steineer à Bâle et elle en suit les cours . 1939-1945 Pendant la guerre la famille d’Eva s’engage en accueillant des enfants juifs . 1948 – 1951 L’expérience traumatique de la guerre et la naissance de son premier enfant, Félix Leu, plongent Eva dans un profond désarroi. Elle intègrera une clinique psychiatrique à Nyon .

Pour en savoir plus sur cette artiste et son œuvre un clic ici .

Après le clic – clac d’hier où je vous présentais ses personnages tout habillés de noir voici un autre aspect de ses sculptures en tissu à taille humaine.

Clic – clac

Le Clic Clac  chez Tortue ( clic)  , c’est une photo publiée le vendredi pourvu qu’elle soit rigolote, insolite, amusante, poétique, anodine.

Je vous propose une des œuvres du musée sentimental d‘Eva Aeppli dans le cadre de l’exposition au centre Pompidou Metz . Des sculptures textiles à taille humaine vraiment originales qui semblent sorties des tableaux de l’artiste.

Eva Aeppli ( 1925 – 2015) grandit à Bâle où elle suit l’enseignement anthroposophique de Rudolf Steiner. Du traumatisme de la seconde guerre mondiale nait son inlassable quête pour la dignité humaine .