Un jeudi pas comme les autres

Pour le mot mystère chez Lilou un clic sur le logo.

Le mot à trouver : bougranière . C’est le titre qu’on donne aux Lingères dans leurs Lettres de maîtrise. On les appelle Maîtresses Lingères.

Les anagrammes sont soulignées dans le texte.

*****

Jeudi dernier, après avoir mis une lessive en route, ( eh oui pas de bougranière à mon service), la bruine n’étant pas prévue, je me rends à vélo chez ma kiné. Sur le trottoir s’étire un ruban bigarré d’ enfants revenant de la cantine. Le soleil baigne la rue tout entière, incitant à prolonger la sortie. J’enrage à ce moment de devoir m’enfermer.

Bigre, mais que vois je, là sur l’asphalte à quelques mètres devant moi ? Un oiseau égaré que je prends tout d’abord, de loin, pour une perdrix. Que fait – elle dans cette zone urbaine ? En me rapprochant, je constate bien vite qu’il ne s’agit pas d’un amateur de graine, c’est un magnifique rapace visiblement blessé à l’aile gauche. D’instinct je m’arrête, pose mon vélo, pour essayer de l’attraper et le mettre à l’abri. Mais l’oiseau court dans une zone arborée bien dense qui obère mes chances de réussite. Je tourne autour de ces buissons pendant quelques minutes mais je dois reconnaitre que la mission de sauvetage ne s’avère guère possible. Je me rends donc à ma séance, déçue de ne pas avoir pu réagir suffisamment vite.

Mais je n’ai pas dit mon dernier mot, l’animal va peut être chercher à bouger . Sitôt sortie du cabinet de soins, je retourne à l’endroit où il m’a narguée . Là, je vois plusieurs personnes rassemblées devant une sortie de garage. Bingo, le rapace est là.

Aguerrie par plusieurs autres captures d’oiseaux ( dont une buse ) et pas tres convaincue de la nécessité d’une couverture pour le saisir, je me dirige vers l’épervier. En quelques secondes l’opération est menée à bien sans le moindre mal pour mes mains. Il ne cherche même pas à m’attaquer. Maintenant il va falloir l’emmener chez le vétérinaire, pour vérifier qu’aucun organe vital n’est atteint. Je mets l’oiseau dans un grand carton qu’une dame est allée chercher. D’une main je tiens le vélo, de l’autre le carton. Marcher ainsi n’est pas aussi aisé que je l’aurais cru, mais je ne brigue pas la première place au marathon.

Ouf, me voici enfin arrivée chez moi, je libère de suite l’épervier en le posant sur le fauteuil de Volga. Là j’ai tout le temps de remarquer que l’aile gauche pend, il doit y avoir fracture. La queue est toute rabougrie comme rognée, il a du certainement être percuté par une voiture et y laisser des plumes. Il ne semble pas trop stressé, mais mieux vaut abréger son séjour parmi nous, aussi c’est de suite qu’il va se rendre chez le vétérinaire en relation avec le centre de sauvegarde de la faune sauvage de Lorraine. ( clic)

Il ou plutôt elle ( épervier femelle compte tenu des plumes et du poids) est maintenant hébergée au centre de Valleroy , sa fracture de l’aile, n’étant pas complexe, ne nécessite pas de broche, elle effectuera donc sa convalescence dans cet espace protégé .