Défi 257 des croqueurs de mots

Pour ce défi 257 des croqueurs de mots Durgalola ( clic) nous demande de regarder cette toile et de nous en inspirer pour écrire un texte. Elle se nomme chassé-croisé. Vous pouvez vous inspirer de la totalité ou de la partie droite ou gauche du tableau. Ce peut être en relation directe avec le tableau ou simplement ce que cela invoque pour vous. 

Je m’appelle Aïko , je suis ce qu’ils appellent un chien loup tchécoslovaque. Nous étions deux, Ambre et moi, à garder des entrepôts dans la zone industrielle de l’agglomération. Notre forte constitution, héritée de notre ancêtre le loup, et notre capacité à donner l’alarme avaient séduit les responsables de la sécurité. Mais que les journées étaient longues derrière les grilles. Un jour, alors que pour briser notre ennui nous jouions tous les deux sans nous soucier des humains, l’un d’ eux a trompé notre vigilance et a fait main basse sur une cargaison. La sanction est tombée immédiatement. Nous nous sommes retrouvés tous les deux dans ce refuge avec de nombreux compagnons d’infortune.

Ambre est partie rapidement la semaine suivante avec un jeune couple, la jeune femme préférant la compagnie d’une femelle réputée plus caressante et sage. La mort dans l’âme, j’ai du dire adieu à ma sœur, persuadé que je ne la reverrai plus jamais. J’ai attendu, attendu, longtemps avant de voir arriver ce jeune garçon avec son père devant ma cage. J’ai su tout de suite à son regard que l’enfant m’avait choisi. Je me suis rué contre les barreaux, roulant à terre pour offrir mon ventre à caresser. Il sut immédiatement que cet accord serait à vie. Depuis nous ne nous quittons plus, pas question de me laisser à quelqu’un quand ils partent en voyage. Je les accompagne partout même en bateau.

Aujourd’hui sur le quai de ce port de la méditerranée , Alban, c’est le prénom de mon jeune maitre, est tout excité . Il tend son bras pour me montrer là, en face, une chienne tranquillement couchée aux pieds de sa maitresse … Non, je rêve, Ambre est là, à quelques dizaines de mètres de nous profitant des premiers rayons de la matinée. Aussitôt je me mets à moduler mon appel, elle ne peut que reconnaitre ces hurlements de joie si caractéristiques. Aussitôt, elle tourne la tête dans ma direction et à l’unisson nous saluons ce jour comme il se doit. Je tourne la tête vers Alban, m’autorisera – t – il à la rejoindre.

 » Mais bien sur que tu peux » répond – il un grand sourire illuminant son visage.

D’un seul bond je m’élance vers elle qui n’a pas attendu pour en faire autant. Nous entamons alors une danse et une course endiablées, manquant même plusieurs fois de finir dans la mer. Pendant que nous profitons pleinement de ces retrouvailles nos maitres lient connaissance. Ils ont l’air ravi de ce qui nous arrive . Ah si seulement , si seulement, ils pouvaient prendre le même bateau.

Les voilà qui viennent nous rejoindre, ils flattent notre pelage en nous caressant longuement . Faut – il de nouveau se dire adieu ? Non, c’est impossible je ne le supporterai pas.

 » Allons Aïko, ne tremble pas , Ambre vient avec nous, nous embarquons sur le même ferry. Elle n’est pas belle la vie ? «