Le tableau du samedi

Pour le  tableau du samedi, initié par Lady Marianne et poursuivi par Lilou et Fardoise, un clic sur le logo.

Lilou nous propose l’autoportrait pour ce samedi et le suivant .

J’ai choisi celui d’un miniaturiste lorrain Jean – Baptiste Isabey

J’aime beaucoup la finesse de représentation dans cet autoportrait, ce contraste entre les cheveux noirs , l’habit noir et le visage tres clair baigné par la lumière. Toute une époque aussi représentée dans cette œuvre.

Pour en savoir un peu plus sur cet artiste je vous propose une partie de la fiche que mon mari lui a consacrée

Jean – Baptiste Isabey

Nancy 1767 – Paris 1855

Peintre en miniature, peintre, décorateur de théâtre et d’intérieur, dessinateur et lithographe.

Fils d’un marchand épicier.

Son père était originaire de Châtenois (39), sa mère de Lunéville.

Dessinateur précoce, il fut encouragé par son père dans sa vocation artistique. Dans sa ville natale, il aurait reçu dès l’âge de onze ans les conseils de Jean GIRARDET (Lunéville 1709 – Nancy 1778) puis fut l’élève de Jean-Baptiste CLAUDOT (Badonviller 1733 – Nancy 1805). Il se rendit à Paris en 1785 avec une lettre de recommandation pour François DUMONT* mais il fut éconduit car le miniaturiste de la reine ne prenait pas d’élèves. L’année suivante, il s’inscrivit à l’école de l’Académie alors qu’il travaillait pour vivre chez un tabletier pour qui il peignait des couvercles de tabatières et des boutons d’habits. Grâce à un camarade d’atelier, il obtint en 1787 la commande d’un médaillon représentant le duc d’Angoulême et le duc de Berry, fils du comte d’Artois. Cette commande l’introduisit à Versailles et attira sur lui l’attention de la reine Marie-Antoinette qui lui confia la copie rectifiée d’un de ses portraits par SICARDI.

Il fréquenta à cette époque l’atelier de DAVID, de retour d’Italie en 1788, et fut tenté par la peinture d’histoire avant de s’orienter vers le portrait en miniature. Grâce à la protection de son maître, il ne fut pas inquiété pendant la Révolution. En 1790, ayant arrêté ses études et renoncé à concourir pour le prix de Rome, il fut engagé par l’éditeur Déjabin qui avait entrepris la publication des portraits des députés de l’Assemblée constituante. Il en réalisa une trentaine et sa réputation grandissante lui permit d’épouser l’année suivante Jeanne Justine LAURISSE de SALIENNE, originaire de Meudon. Il s’impliqua alors dans la Commune générale des arts dont il fut nommé secrétaire puis censeur aux côtés du sculpteur Augustin PAJOU. Il fit ensuite partie de la Société populaire et républicaine des arts où il fréquenta d’autres artistes dont le sculpteur HOUDON et le peintre François GÉRARD qui devint son ami.

En 1795, il se vit confier les cours de dessin au pensionnat pour jeunes filles fondé à Saint-Germain-en-Laye par Mme CAMPAN, ancienne femme de chambre de Marie-Antoinette. Il y eut pour élève Hortense de BEAUHARNAIS grâce à qui il fit la connaissance de Joséphine et du général BONAPARTE, et devint un familier de la Malmaison où il participa comme acteur à des représentations théâtrales. Sous le Directoire, il fréquenta les salons de Mmes TALLIEN, de STAËL et RÉCAMIER. Son destin est désormais lié à celui de Bonaparte dont il dessina un portrait en pied devant la Malmaison qui fut popularisé par la gravure. Après la proclamation de l’Empire, il fut nommé « peintre dessinateur du Cabinet de l’Empereur, des cérémonies et des relations extérieures ». A l’occasion du sacre, il dessina les costumes et les décorations des participants et Napoléon lui commanda des dessins explicatifs des cérémonies. A sa demande, ISABEY regroupa cet ensemble dans le Livre du sacre, terminé en 1815, aujourd’hui conservé au Musée du château de Fontainebleau. En 1805, il fut nommé « premier peintre de la Chambre de l’Impératrice pour les présents » et, deux ans plus tard, « chef décorateur des théâtres impériaux » en remplacement d’Ignazio DEGOTTI. A ce titre, il fournit les décors de scène et dessins de costumes d’une trentaine de spectacles. Chargé de la décoration du théâtre des Tuileries et de celui de Saint-Cloud, il était aussi « ordonnateur des réjouissances publiques et des fêtes particulières aux Tuileries » et « dessinateur du sceau des titres », ce qui lui valut de faire des dessins, malheureusement disparus pendant la Commune, pour les blasons de la nouvelle noblesse et pour l’ordre de la Légion d’honneur. En 1808, un atelier lui fut attribué dans les Galeries du Louvre. Poursuivant son activité de portraitiste, il représenta Napoléon et Marie-Louise d’Autriche en costume de mariage et, en 1812, se rendit deux fois à Vienne à la demande de l’impératrice – dont il était le professeur de dessin – pour réaliser les portraits de membres de sa famille.

Il reçut la croix de la Légion d’honneur en janvier 1815 et, lors des Cent-Jours, revint en France et alla saluer l’empereur aux Tuileries.

Lors de la seconde restauration, il visita plusieurs fois le maréchal NEY dans sa prison, ce qui lui valut l’inimité des royalistes et l’incita à se réfugier en Angleterre en 1816. De retour en France l’année suivante, il rentra en grâce auprès de la cour, fut introduit chez la duchesse de Berry et Louis XVIII le nomma « inspecteur dessinateur ordonnateur des fêtes et des spectacles ». En 1820, il retourna en Angleterre pour une exposition de ses œuvres et voyagea en Italie deux ans plus tard. A la mort du roi en 1824, il s’occupa du décor de la chapelle ardente aux Tuileries et du sacre de Charles X qui le nomma officier de la Légion d’honneur l’année suivante puis « dessinateur du Cabinet du Roi » en 1828. Devenu veuf en 1829, il se remaria la même année avec une de ses élèves, Eugénie Rose MAISTRE, qui lui donna deux enfants. Malgré une certaine défaveur sous la monarchie de Juillet, il se vit attribuer un logement à l’Institut (bien qu’il ait tenté en vain d’être admis à cette prestigieuse institution en 1836, 1838 et 1843) et fut nommé en 1837 conservateur-adjoint des Musées royaux. Napoléon III lui attribua une pension de 6000 francs, le nomma conservateur honoraire des Musées impériaux et commandeur de la Légion d’honneur en 1853. Sous le Second Empire, il était convié aux fêtes de la Cour et fréquentait le salon de la princesse Mathilde. Il mourut des suites d’une fluxion de poitrine et fut inhumé au Père Lachaise.

Sa remarquable ascension sociale s’explique certes par son talent et sa capacité de travail mais aussi par son caractère enjoué et un sens relationnel hors du commun qui lui permit de rester à la mode sous tous les régimes politiques pendant plus de soixante ans. Franc-maçon, il adhéra dès 1788 à la loge « Les Amis réunis » puis fut sous l’Empire membre de la loge écossaise « Saint-Napoléon ».

Avant tout miniaturiste, il est pour cette technique le représentant le plus brillant de l’école française. Ses portraits peints sur ivoire, exceptionnellement en émail, se détachent généralement sur un fond sombre (uni ou avec effet de frottis) ; il fut en France l’un des premiers à introduire des portraits sur fond de ciel. A partir de 1810, il abandonna progressivement l’ivoire pour peindre à l’aquarelle sur papier vélin ou sur carton des portraits en miniature de dimensions plus importantes (15 x 10 cm en moyenne). Cette nouvelle manière, un peu répétitive mais tellement appréciée pour son élégance, atteint son apogée dans les figures féminines aux visages encadrés de voiles de gaze vaporeux.

Excellent dessinateur, il donna ses lettres de noblesse au dessin à la manière noire où il obtient de remarquables effets de contraste. L’exemple le plus connu est La barque d’Isabey (Salon de 1798) où il se représente avec sa femme et ses trois enfants. Il pratiquait les techniques les plus diverses, du crayon au lavis d’encre ou de sépia, en passant par l’aquarelle. Il aurait dessiné en 1802 ou1803 l’étoile à cinq rayons de l’ordre de la Légion d’honneur. Il avait rencontré Hubert ROBERT dès 1787 et était un paysagiste délicat comme le révèlent un certain nombre de dessins et d’aquarelles. Un aspect moins connu de son talent est sa verve de caricaturiste qui s’exerça pendant le Directoire, comme en témoignent des dessins, dont Le Petit Coblence (musée Carnavalet), et la série de lithographies publiée sous le titre Caricatures. Il fut un des pionniers du portrait-charge au XIXe siècle mais, prudence oblige, ses « cibles » appartenaient plus souvent au milieu artistique qu’au monde politique.

ISABEY fut l’un des premiers peintres français à s’intéresser à la lithographie, réalisant environ 90 estampes estimées pour leur finesse

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Publié par

giselefayet

Mots , images , mouvements, impressionnent ma plaque sensible et la communication en est le révélateur le plus puissant . Citation favorite : " Être libre ce n'est pas seulement se débarrasser de ses chaines , c'est vivre d'une façon qui respecte et renforce la liberté des autres." Nelson Mandela

22 réflexions au sujet de “Le tableau du samedi”

  1. un bel homme dans l’esprit romantique… de quoi rester rêveuse !!!
    mais surtout quelle vie artistique… toujours de belle découverte avec ces tableaux du samedi, merci Jazzy

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  2. Une impressionnante carrière artistique pour ce peintre.Il a su se créer des relations qui lui ont permis de côtoyer des Grands du Monde de l’époque.Je le connaissais un peu de renom grâce à une amie qui, lorsqu’elle habitait Nancy, demeurait rue Isabey !!
    Son autoportrait est tout en finesse et bien mis en valeur par ce contraste entre le noir et le blanc.
    Merci à vous deux pour cette présentation.Bises et bon samedi.

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  3. Très très belle miniature et une biographie si complète, grâce à ta moitié !
    Merci Gisèle de m’avoir fait connaître ce peintre !
    Bonne fin d’après-midi, bisous,
    Geneviève

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