J’ai lu

Je m’aperçois que je n’ai pas renseigné cette rubrique depuis un certain temps déjà. Je me rattrape un tantinet aujourd’hui.

Bon dimanche à vous toutes et tous.

La famille Pelletier.
Trois histoires d’amour, un lanceur d’alerte, une adolescente égarée, deux processions, Bouddha et Confucius, un journaliste ambitieux, une mort tragique, le chat Joseph, une épouse impossible, un sale trafic, une actrice incognito, une descente aux enfers, cet imbécile de Doueiri, un accent mystérieux, la postière de Lamberghem, grosse promotion sur le linge de maison, le retour du passé, un parfum d’exotisme, une passion soudaine et irrésistible. Et quelques meurtres.
Les romans de Pierre Lemaitre ont été récompensés par de nombreux prix littéraires nationaux et internationaux. Après sa remarquable fresque de l’entre-deux-guerres, il nous propose aujourd’hui une plongée mouvementée et jubilatoire dans les Trente Glorieuses.

Si vous avez déjà lu la trilogie précédente, soyez surs de trouver dans ce roman le même plaisir de lecture que pour « au revoir là haut », « couleurs de l’incendie » , « miroirs de nos peines ». L’auteur vous prend par la main pour vous faire vivre avec la famille Pelletier des évènements aux multiples rebondissements, sans temps mort. Un régal à cent pour cent.

« Entre la terrasse du Métropole et celle du Cristal Palace, vous avez tout ce qui importe à Saïgon. Diplomates sur le retour, aventuriers, séducteurs, banquiers corrompus, journalistes alcooliques, prostituées et demi-mondaines, aristocratie française, communistes masqués, planteurs richissimes, tout est là. L’erreur serait de croire que Saïgon est une ville. C’est un monde à part entière. La corruption, le jeu, le sexe, l’alcool, le pouvoir, tout s’y donne libre cours sous l’autorité de la déesse absolue, celle que tout le monde révère, à savoir sa Majesté la Piastre ! »

« — C’est un imbécile. lâcha le garçon.
— Non, c’est un con.
— C’est pareil.
M. Pelletier s’arrêta de jouer.
— Non, c’est pas pareil. Si tu expliques trois fois un truc à quelqu’un et qu’il ne le comprend pas, c’est un imbécile. Mais si, à la fin, il est certain de l’avoir compris mieux que toi, alors, tu as affaire à un con. »

Été 1945. Incarcéré à la prison de Toulouse en attente de son jugement pour intelligence avec l´’ennemi, un collaborateur revient sur son parcours criminel dans les rangs de la Milice et de la Waffen-SS en consignant ses souvenirs et ses réflexions dans un carnet que lui ont procuré ses gardiens. Au fil de l´instruction de son affaire, le jeune homme, ancien garde du corps de Joseph Darnand, va entrer en conflit avec son avocat, qui lui reproche de ne pas être accessible à la résipiscence. Mais, à l´heure de l´’ audience, alors que témoins et enquêteurs mettent à mal la défense de l´accusé, un événement inattendu va faire basculer l’ ´issue du procès.

Dans ce livre, il revisite la période d’après-guerre, 1944 et 1945, les règlements de compte, les procès… et ce n’est pas la première fois que Pierre Hanot rouvre une période trouble de notre histoire ( voir « aux vagabonds l’immensité » ) . Dans son cachot, en 1945, entre les visites de son avocat (autre personnage important du roman), ce collabo note ses réflexions sur un carnet, qui donne du rythme à ce livre, faisant balancer le lecteur entre le récit et la lecture de ces carnets. Pierre Hanot manie avec brio l’art de la description, celui de l’assemblage des détails qui vous font voir autant que lire un récit. Mais ce roman scrute d’abord l’âme d’un « salaud intégra.

Malin Förs 02
C’est la canicule…
Des incendies ravagent Linkoping.. .
Dans la fournaise, un pervers sexuel ….
500.000 lecteurs ..
C’est l’été le plus chaud que Linköping ait jamais connu. La forêt qui borde la ville s’embrase, les nuages de fumée planent dans le ciel obscurci et menacent les citadins. Les incendies n’empêchent pas un pervers sexuel particulièrement sordide et cruel de faire régner la terreur dans la ville. L’enfer brûlant des flammes crée une sorte de solidarité parmi les gens, alors que la peur et l’angoisse face aux meurtres horribles du tueur font émerger des soupçons et des préjugés envers celles et ceux qui semblent différents. […]

Une belle découverte d’auteur de roman policier suédois avec Mons Kallentoft et un été qui n’est pas sans rappeler celui que nous vivons actuellement.

« … tout finit par tourner autour de cette obsession des médias, du culte de la célébrité et cette exagération du moyen et de l’inintéressant jusqu’à en faire une religion. Notre âme ne trouve la paix, pense Malin, c’est pourquoi nous nous intéressons à des choses si futiles. »

« Les champs de blé s’inclinent devant la chaleur, on dirait un poing géant qui presse les plantes par terre en tonnant : ne crois pas pouvoir vivre, pas cet été, ce sera l’année de la terre brulée. »

« La carte postale est arrivée dans notre boîte aux lettres au milieu des traditionnelles cartes de voeux. Elle n’était pas signée, l’auteur avait voulu rester anonyme. Il y avait l’opéra Garnier d’un côté, et de l’autre, les prénoms des grands-parents de ma mère, de sa tante et son oncle, morts à Auschwitz en 1942. Vingt ans plus tard, j’ai décidé de savoir qui nous avait envoyé cette carte postale, en explorant toutes les hypothèses qui s’ouvraient à moi.
Ce livre m’a menée cent ans en arrière. J’ai retracé le destin romanesque des Rabinovitch, leur fuite de Russie, leur voyage en Lettonie puis en Palestine. Et enfin, leur arrivée à Paris, avec la guerre et son désastre.
J’ai essayé de comprendre pourquoi ma grand-mère Myriam fut la seule qui échappa à la déportation. Et d’éclaircir les mystères qui entouraient ses deux mariages.
Le roman de mes ancêtres est aussi une quête initiatique sur la signification du mot “Juif” dans une vie laïque. »


À la fois récit des origines et enquête familiale, ce roman se dévore.

« Mais Ephraïm, l’ingénieur, le progressiste, le cosmopolite, a oublié que celui qui vient d’ailleurs restera pour toujours celui qui vient d’ailleurs. La terrible erreur que commet Ephraïm, c’est de croire qu’il peut installer son bonheur quelque part. L’année suivante, en 1924, un baril de caviar avarié plonge la petite entreprise dans la banqueroute. Malchance ou manœuvre de jaloux ? Ces migrants arrivés en charrette sont devenus trop vite des notables. Les Rabinovitch deviennent persona non grata dans le Riga des goys. Les voisins de la cour Binderling demandent à Emma de cesser d’importuner le quartier avec le va-et-vient de ses élèves. Elle apprend par ses relations de la synagogue que des Lettons ont pris son mari pour cible et qu’ils l’importuneront jusqu’à ce qu’il n’ait plus d’autre choix que de partir. »

« L’homme ne peut pas vivre sans la nature, lui souffle Boris à travers le renard. Il a besoin d’air pour respirer, d’eau pour boire, de fruits pour se nourrir. Mais la nature, elle, vit très bien sans les hommes. Ce qui prouve combien elle nous est supérieure. »

L’éternité n’empêche pas l’impatience : Noam cherche fougueusement celle qu’il aime, enlevée dans de mystérieuses conditions.L’enquête le mène au Pays des Eaux douces −la Mésopotamie − où se produisent des événements inouïs, rien de moins que la domestication des fleuves, l’irrigation des terres, la création des premières villes, l’invention de l’écriture, de l’astronomie.
Noam débarque à Babel où le tyran Nemrod, en recourant à l’esclavage, construit la plus haute tour jamais conçue. Tout en symbolisant la grandeur de la cité, cette Tour permettra de découvrir les astres et d’accéder aux Dieux, offrant une véritable « porte du ciel ».
Grâce à sa fonction de guérisseur, Noam s’introduit dans tous les milieux, auprès des ouvriers, chez la reine Kubaba, le roi Nemrod et son architecte, son astrologue, jusqu’aux pasteurs nomades qui dénoncent et fuient ce monde en train de s’édifier.
Que choisira Noam ? Son bonheur personnel ou les conquêtes de la civilisation ?
Dans ce deuxième tome de la saga La Traversée des Temps, Eric-Emmanuel Schmitt met en jeu les dernières découvertes historiques sur l’Orient ancien, pour nous plonger dans une époque bouillonnante, exaltante, prodigieuse, à laquelle nous devons tant.

Vraiment subjuguée par la richesse historique, culturelle et philosophique de la narration, qui opère une fascinante mise en perspective de l’évolution humaine, au travers notamment de ses mythes. Un réel coup de coeur pour cette saga commencée avec Noam et Noura dans le premier tome de la traversée des temps . Impatiente de découvrir la suite .

« Les gens cherchent le succès matériel qui les hissera au-dessus de leur voisin, ils paniquent à l’idée de rater. Rater quoi ? Réussir ne consiste pas à acquérir quatre maisons, car tu n’en habites jamais qu’une et à l’intérieur, tu n’es que toi-même. II ne faut pas posséder plus, mais exister mieux. Toutes les rues de Babel conduisent à des impasses. Et tous les chemins qui partent de Babel prennent une fausse route. »

« En lui offrant une perpétuité, l’écriture a changé l’homme. De simples inventaires des objets, elle est devenue le conservatoire des âmes : elle a lutté contre la détresse, nourri l’orgueil, flatté le narcissisme, développé l’individualisme. Par elle, la fatuité a crû autant que la civilisation. »

 » Je m’agenouillai devant lui. Quoi de plus mystérieux et plus profond que le regard d’un chien ? ………En un éclair, je compris ce que m’avait apporté Roko durant des années. Il m’avait soutenu, épaulé, amusé , attendri. Curieux, joueur, il avait affirmé sa gaieté et entrainé la mienne. Il avait été mon ardeur, mon allégresse , ma jeunesse. Il m’avait accompagné , marcheur ou sédentaire, dans les rues des cités ou au milieu de la nature, au coeur des forêts ou au creux des dunes, euphorique ou placide. Il m’aimait sans réserve. Du coup je lui rendais le même amour. Un amour pur, dépourvu de filtre, de calcul. Un amour épanoui. « 

Publié par

giselefayet

Mots , images , mouvements, impressionnent ma plaque sensible et la communication en est le révélateur le plus puissant . Citation favorite : " Être libre ce n'est pas seulement se débarrasser de ses chaines , c'est vivre d'une façon qui respecte et renforce la liberté des autres." Nelson Mandela

15 réflexions au sujet de “J’ai lu”

  1. J’ai retenu pratiquement tous les titres, je sens que je vais reprendre contact avec la bibliothèque de quartier…
    Bon dimanche!
    Bises de Mireille du sablon

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  2. Bonjour Gisèle j’ai noté tous les titres, il me semble que le premier va être effectivement le premier que je vais lire, j’adore cet auteur. Bisous bon Dimanche MTH

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  3. Je lis bien moins que toi
    Car dès que je finis un livre je laisse passer un peu de temps
    Mais cela dit chacun son truc , je ne me décroche pas facilement après avoir terminé de lire …
    Bon dimanche

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  4. merci pour cette belle page de lecture ;
    tu réussis à me donner envie de lire la nouvelle saga de Pierre Lamaitre alors que je ne voulait plus rien de cet auteur n’ayant pas aimé du tout le Miroir de vos peines… c’est Au revoir là-haut qui m’avait emballé, déjà la suite me paraissait essoufflée !
    une grande envie de lire la carte postale par contre !
    mes lectures sont plus anciennes avec Jeanne Benameur : Partage, Dans la guerre d’Alice Ferney et récente avec ce livre que j’ai trouvé terriblement émouvant et dramatique de par son sujet : les Impatientes de Djaïli Amadou Amal .
    Bon dimanche Jazzy

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  5. Je suis comme toi, il y a surement un an que je n’ai pas publié de livres, je pense que je vais le faire cette semaine.
    J’aime bcp les livres sur la 2ème guerre mais j’aime aussi Eric Emmanuel Schmitt

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