Le tableau du samedi

Pour le  tableau du samedi, initié par Lady Marianne et poursuivi par Lilou et Fardoise, un clic sur le logo.

Pour ce thème du carmin, cramoisi et vermillon je vous propose ce paysage marocain de Jacques Majorelle .

Un tableau qui nous plonge avec ce rouge saisissant au plus près de la kasbah alors qu’à l’horizon se dressent les collines de même couleur. Le soleil joue sur les murs tout comme l’ombre soulignant les détails architecturaux . Nous apercevons sur les toits des hommes et des femmes. Aux abords de l’enceinte fortifiée, un homme sur un âne garde des chameaux, peut -être pour les emmener boire dans l’oued visible sur la droite . Nous retrouvons sur ses vêtements ce fameux bleu Majorelle si caractéristique.

Majorelle Jacques

Nancy 1886 – Paris (16e) 1962

Peintre et graveur en taille-douce

Fils unique de Louis MAJORELLE* ; petit fils d’Auguste MAJORELLE*.

Evoluant dès l’enfance dans un milieu artistique privilégié, il fut encouragé dans son goût pour le dessin par les amis de son père Victor PROUVÉ* et Emile FRIANT* dont il fréquenta l’atelier nancéien. Dès son adolescence, il peignait sur le motif en Lorraine ou en Bretagne lors des villégiatures de sa famille. De 1901 à 1903, il fréquenta l’Ecole des beaux-arts de Nancy, section architecture et décoration. Renonçant à l’architecture pour devenir peintre et dispensé de service militaire, il se rendit à Paris et s’inscrivit en 1906 à l’Académie Julian où il suivit des cours de dessin dans l’atelier « S R » (François SCHOMMER et Henri ROYER*). En 1908, il se rendit en Espagne puis à Venise. Il débuta cette année-là au Salon des Artistes français dont le catalogue le dit élève de ROYER et de Marcel BASCHET. Deux ans plus tard, exposa ses vues de Venise dans le salon du magasin de son père, rue Saint-Georges à Nancy. Il prit part au Salon de sa ville natale en 1909 et 1913 ainsi qu’à l’exposition de Remiremont cette dernière année. De 1910 à 1914, il fit trois séjours prolongés en Egypte, remontant le Nil jusqu’à Louxor et Karnac lors de son dernier voyage. Il présenta ses œuvres égyptiennes à Nancy en 1913 à l’exposition « Nymphéa » puis en 1919 à la Chambre de Commerce, après les avoir exposées au Caire à diverses reprises. Plusieurs de ses paysages égyptiens ornaient le boudoir présenté par son père à Paris, au Salon d’Automne de 1913. Une maladie pulmonaire chronique lui valut d’être affecté en 1914 comme employé de bureau au 26e régiment d’infanterie de Nancy puis réformé. En 1916, il suivit sa famille à Paris et fit un nouveau séjour en Bretagne. L’année suivante, il séjourna dans un sanatorium suisse puis dans le Var avant de s’embarquer pour le Maroc où il bénéficia de l’appui du général LYAUTEY. Installé à Marrakech, il y épousa en 1919 Andrée Marie LONGUEVILLE, originaire du Lunévillois, qui l’avait accompagné et dont il eut deux enfants. Il acquit trois ans plus tard une palmeraie où il se fit construire une luxueuse villa inspirée du style mauresque autour de laquelle il aménagea un jardin luxuriant puis un atelier de style Art déco en 1931. A partir de 1921, il se rendit régulièrement dans l’Atlas et l’Anti-Atlas dont il devint le chantre inspiré, notamment dans un superbe portfolio préfacé par LYAUTEY : Les Kasbahs de l’Atlas

Il effectua de nouveaux séjours dans l’Atlas pendant la Seconde Guerre mondiale et découvrit ensuite l’Afrique noire, parcourant successivement le Soudan français (1945-46), la Guinée (1947-48), la Côte d’Ivoire, le Niger et le Sénégal (1952). La fin de sa vie fut difficile : amputation d’un pied en 1957 à la suite d’un accident de voiture, divorce suivi d’un remariage en 1961 avec Marie-Thérèse HAMANN, née à Port-au-Prince (Haïti). L’année suivante, il fut rapatrié à Paris à la suite d’une fracture du fémur et mourut peu après. Il repose à Nancy dans le caveau familial du cimetière de Préville.

Artiste reconnu, il fut nommé en 1929 chevalier de la Légion d’honneur pour ses talents de peintre mais aussi pour les expéditions organisées  à ses frais dans l’Atlas, région encore inexplorée par l’armée française. Il fut promu officier en 1957.

Avant 1914, MAJORELLE se consacra avant tout au paysage mais peignit aussi des portraits et des nus. Malgré quelques réserves, à propos de son premier envoi au Salon (un nu), Gaston VARENNE sut déceler son talent prometteur : « Dès maintenant, on ne saurait refuser cependant à M. Majorelle un très grand sens artiste, un goût de la couleur qui trouvera mieux à s’affirmer dans d’autres sujets » (1908). Sans céder au pittoresque, ses paysages vénitiens et égyptiens se caractérisent par l’éclat du coloris et par de larges empâtements au service d’une composition serrée. Par contre, ses portraits de cette période dénotent l’influence de FRIANT et de ROYER par la sobriété de la palette et la délicate précision avec laquelle il traite les visages. Les œuvres marocaines révèlent son insatiable curiosité pour ce pays et un renouvellement constant de sa technique. La vie animée des souks est d’abord évoquée de façon informelle, les foules étant traitées sous forme de silhouettes au service de la composition d’ensemble. Dans les scènes de la vie collective, il s’oriente ensuite vers un style très graphique où les couleurs vives font place, quelques années plus tard, à une gamme chromatique limitée où dominent le blanc et les ocres. Dans les années vingt, ses expéditions dans les solitudes de l’Atlas lui inspirent des paysages minéraux servant d’écrin aux kasbahs et villages dont les constructions cubiques se prêtent aux contrastes lumineux dans toutes les nuances d’ocre et de vieux rose. A la fin de cette décennie, il aborde une technique mixte dans des œuvres sur papier ou sur bois où le pastel, la gouache ou la détrempe sont associés à des rehauts d’oxydes métalliques qui accentuent leur caractère décoratif. S’il continue à s’intéresser aux rassemblements humains, il accorde à partir de 1931 une large place au charme de la femme africaine, peignant d’abord des « négresses nues » qu’il fait poser dans sa propriété, au repos ou cueillant des fruits. Leurs attitudes et le synthétisme du style rappellent parfois le primitivisme des Tahitiennes de GAUGUIN. Les portraits et les nus plus tardifs de la période d’Afrique noire se caractérisent par un  hyperréalisme, l’artiste excellant à traduire, avec une grande sensualité, le velouté de la peau de ses modèles. Parallèlement, il peint des paysages forestiers et des scènes villageoises aux couleurs éclatantes où domine le fameux « bleu Majorelle » dont il a couvert en 1937 les murs extérieurs de son atelier.

Dans le domaine des arts graphiques, il grava à l’eau-forte des vues de l’Egypte et de l’Atlas marocain, reprenant généralement les sujets de ses tableaux. Il abandonna peu à peu la manière noire pour des eaux-fortes au graphisme plus épuré. Il réalisa aussi quelques affiches chromolithographique vantant les attraits de son pays d’adoption.

Intéressé par l’artisanat marocain, MAJORELLE fit réaliser à partir de 1919, par les Ateliers d’art indigène installés dans son jardin et gérés par son épouse, des pièces de cuir peint ou brodé de soie destinées à décorer des meubles, des poufs et autres objets qu’il présenta en 1925 à Paris, dans le cadre de l’Exposition internationale des Arts décoratifs.

En 1924, il peignit dans le style mauresque le plafond de la salle à manger de l’hôtel Mamounia de Marrakech pour lequel il réalisa aussi un ensemble de mobilier en bois peint. Comme le résumait Gaston Varenne en 1930, « Jacques Majorelle a vraiment ouvert à l’orientalisme français des voies nouvelles » et il connaît une vogue croissante confirmée par sa cote lors des ventes publiques.

Ci dessous un portrait où le rouge aussi est bien présent .

Publié par

giselefayet

Mots , images , mouvements, impressionnent ma plaque sensible et la communication en est le révélateur le plus puissant . Citation favorite : " Être libre ce n'est pas seulement se débarrasser de ses chaines , c'est vivre d'une façon qui respecte et renforce la liberté des autres." Nelson Mandela

18 réflexions au sujet de “Le tableau du samedi”

  1. Tu as choisi un très beau tableau Jazzy, l’aime beaucoup et j’ai découvert en lisant les renseignements concernent cet artiste peintre, d’où venait ce bleu Marjorelle. La vie de ce peintre et graveur est intéressante.
    Bises et bon samedi – Zaza

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  2. Un trés trés beau billet, bien complet pour qui aime l’art, en particulier la peinture. Et de très trés belles œuvres ensoleillées, aux couleurs du sud marocain. Ça donne envie de s’envoler vers Marrakech, aux portes du désert.
    Merci Jazzy. Bisous. A très très bientôt.

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  3. C’est magnifique ! Rouge sur rouge et quelques touches de bleu. Un voyage au Maroc, ça me va. J’y ai passé quelques années dans mon enfance, j’y ai été heureuse. Merci pour ce beau tableau !

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  4. bonjour
    beau rouge ocre de cette terre du magreb ( j ‘ai un peu visité le MAROC
    merci pour le texte trézs intéressant
    bonne fin de semaine
    kénavo

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  5. J’en découvre beaucoup sur la vie de cet artiste grâce à vous deux..cela me fait penser que nous pourrions envisager d’aller voir sa villa un jour…
    Bises de Mireille du sablon

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  6. Des tableaux superbes pour cet artiste régional, à la vie bien remplie et au talent incontestable.
    Merci à vous deux pour ce billet qui apporte la lumière et les couleurs de l’ Afrique sur mon écran.
    Bisous et bonne fin de W.E. vosgien !

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  7. un beau tableau et le portrait est également original. Et nous voilà de retour. Un peu frais surtout vendredi. Hier beaucoup de badauds à Gérarmer, une ambiance vacances. Bises.

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