J’ai lu

Je me suis aperçue que je ne vous avais pas encore présenté les ouvrages lus au mois de novembre. Il est encore temps de le faire avant de vous parler de ceux de décembre .

Jamais Antoine n’aurait pensé que son grand-père puisse agir ainsi : il y a quelques heures à peine, l’adolescent sortait du lycée, s’apprêtant royalement à rater son bac. Kidnappé par papi à bord d’un vieux coupé Volvo, il roule à présent vers l’inconnu, privé de son iPhone. À 82 ans, François Valent, journaliste brillant, aura parcouru le monde et couvert tous les conflits du globe sans jamais flancher.
S’il a conclu un marché avec son petit-fils, c’est pour tenter de le convaincre de ne pas lâcher ses études. Mais ce voyage improvisé ne se fera pas sans heurts. La destination vers laquelle le vieil homme conduit Antoine – la ville de Villefranche-de-Rouergue, où il a grandi – a ce parfum particulier du remords. C’est là que l’enfance de François a trébuché. Lors d’un drame sanglant de la Seconde Guerre mondiale dont l’Histoire a gardé le secret. À la fois quête du souvenir et voyage initiatique, cette échappée belle les révèlera l’un à l’autre.
La vraie vie n’est jamais là où on l’attend.

Une tres belle découverte que celle de Sophie Louvière avec ce roman . Avec beaucoup de sensibilité et de délicatesse elle nous plonge dans les relations qui existent entre ses trois personnages . Nous vivons réellement toutes les pensée qui sont dans leur tête, chacun s’exprimant avec son langage et ses ressentis . Un roman vraiment touchant et un style plein de poésie que j’ai vraiment appréciés.

« Je n’étais pas seulement son ami, j’étais le prolongement de son ombre dans le lit du ruisseau où nous pêchions, le grain de sable dans ses cheveux mal peignés, l’épaule contre laquelle il s’appuyait par mollesse et provocation durant la messe, le complice consentant de ses tricheries et dont il recopiait les réponses dans son cahier d’école dès que nos professeurs tournaient le dos, l’oreiller étouffant ses sanglots lorsque son père le corrigeait de ses escapades nocturnes, usant la lanière d’une ceinture sur son dos. De ces instants où Jean abandonnait des larmes sur mon pull, je jouissais d’un bonheur coupable. »

« Le malheur, c’est comme une brassée de fleurs qui te tombe dessus. Tu peux choisir d’en faire une couronne mortuaire ou bien un bouquet qui fleurira la table d’un banquet pour le mariage de tes petits-enfants. »

« C’était l’embrasement d’une toile de maître, le baiser inattendu de l’arc-en-ciel juste avant qu’il ne s’efface. Un nuage couleur acier menaçait d’éteindre le feu de la terre, d’en noircir les champs velours, de gommer les ombres enlaçant les bosquets. »

Le vieux Germain vit seul dans une ferme au cœur des Vosges. Sa fille lui impose de passer l’hiver avec Basile, lointain neveu qui vient faire sa saison de conducteur d’engin de damage dans la station voisine.
Une jeune femme froide et distante qui conduit les engins des neiges mieux que tous ses collègues masculins, habite la ferme voisine, où ses parents élevaient une meute de chiens de traîneaux quarante ans auparavant.
Mais bientôt, le village est isolé par une terrible tempête de neige qui, de jours en semaines puis en mois, semble ne pas vouloir s’achever. Alors l’ombre des Malamutes ressurgit dans la petite communauté coupée du monde…

Un excellent roman de Jean Paul Didierlaurent qui mêle le mystère et la poésie dans ce qui peut s’apparenter à un conte moderne . L’auteur dépeint à merveille l’atmosphère oppressante de ce huis-clos montagnard, mais aussi des personnages truculents. Suspense , intrigue, fantastique vous pourrez y retrouver tout celà à la fois. J’ai vraiment beaucoup aimé et vous le recommande.

« Chaque réveil est un enchantement. Dans la lumière coupante du petit matin, je ne me lasse pas du paysage qui s’offre à notre vue. Il n’est pas rare de surprendre au lever du jour dans le grand pré au-dessus de la ferme des chevreuils broutant l’herbe grasse au sortir du sous-bois. De l’avancée en terrasse devant la maison, on devine le village en contrebas grâce au clocher de son église qui perce de sa flèche la brume emprisonnée par la fraîcheur de la nuit dans le fond de la vallée. »

« Germain lisait les arbres de la même manière que d’autres lisent les livres, passant d’un cerne à un autre comme on tourne des pages, sans autre prétention que celle d’interroger les géants sur la marche du temps, à la recherche d’une certaine logique dans ces successions concentriques. »

« Cette faculté d’embellir les choses même les plus laides, d’étouffer le fracas du monde, d’adoucir les angles, de combler les creux, d’aplanir les bosses fascinait l’octogénaire. Même les grands sapins n’étaient plus que rondeurs une fois dissimulés sous leur manteau »

Bienvenue à Val Quarios, petite station de ski familiale qui ferme ses portes l’été.
Ne reste alors qu’une douzaine de saisonniers au milieu de bâtiments déserts. Hugo vient à peine d’arriver, mais, déjà, quelque chose l’inquiète. Ce sentiment d’être épié, ces « visions » qui le hantent, cette disparition soudaine…
Quels secrets terrifiants se cachent derrière ces murs ? Hugo va devoir affronter ses peurs et ses cauchemars jusqu’à douter de sa raison…
Bienvenue à Val Quarios, une « jolie petite station familiale » où la mort rôde avec la gourmandise d’une tempête d’été.

L’auteur sait nous plonger dans cette atmosphère de huis clos dont il est coutumier . Cette atmosphère pesante , ce mystère qui s’épaissit au fur et à mesure font que l’on n’a pas envie de s’arrêter de lire. Bon petit bémol la fin m’a un peu déçue.

« Il était incapable d’expliquer son appréhension. C’était viscéral. Était-ce le sentiment qu’éprouvait un insecte à l’approche du trou où se blottissent les grosses araignées velues ? Ignorant tout de ces prédateurs implacables qui l’attendent sans un mouvement, juste quelques pas de plus, allez, approche, encore un peu, juste un peu, ce qu’il faut pour que je n’aie aucune chance de te manquer, que mes chélicères se plantent dans ta chitine, qu’elles te transpercent pour y déverser mon poison, jusqu’à ce que tes entrailles se mettent à fondre, et que j’aspire, délicieusement, ton jus, tandis que tu convulses, encore vivant, pleinement conscient de moi, énorme, qui te mange. »

« Cette femme est d’une liberté totale, elle n’est figée nulle part. Insaisissable, comprit Hugo dès qu’il la vit. Il aimait dresser le portrait de celles et ceux qu’il croisait comme s’il était dans un roman. En l’occurrence c’était celui d’une Ophélie moderne, flottant non dans un linceul d’eau mais bien dans l’air de la vie dont elle rayonnait, notamment par le pétillement sensible de ses yeux. Ses iris brûlaient d’une fièvre séditieuse, déployant une palette de bruns semblable à un arc-en-ciel automnal, taillés dans de l’œil-de-tigre, d’un marron profond au noisette le plus clair. Sa chevelure flamboyante, intolérante à la norme, ni blonde ni châtaine, quelque part ailleurs, refusait de ployer dans la brise, menait sa propre bataille. »

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Publié par

giselefayet

Mots , images , mouvements, impressionnent ma plaque sensible et la communication en est le révélateur le plus puissant . Citation favorite : " Être libre ce n'est pas seulement se débarrasser de ses chaines , c'est vivre d'une façon qui respecte et renforce la liberté des autres." Nelson Mandela

17 réflexions au sujet de “J’ai lu”

  1. Dans les livres de Maxime Chattam il y a toujours une atmosphère particulière, je ne connais pas les autres auteurs.
    A part d’anciens lecteurs qui prennent de l’âge ,la médiathèque n’est presque plus fréquentée ici et c’est pareil dans les deux bibliothèques d’Abbeville. La covid a fait fuir les lecteurs. Il achètent des livres ou lisent sur les tablettes.
    J’ai abandonné le bénévolat, c’était de la présence pour ne voir personne.
    Bon dimanche.

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  2. Les trois me tentent ! tu sais si bien en parler et surtout je sais que tu sais choisir tes lectures.
    Des livres pour l’hiver avec des couvertures de paysages qui vont déjà rêver. Voilà qui donne vite l’envie d’ouvrir ces livres.
    Merci et bonne soirée
    Bises

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  3. Les 2 premiers me tentent bien mais ma plie de livres ne descend pas beaucoup en ce moment…
    Bises du soir
    Mireille du sablon

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  4. Je lirais bien les deux premiers, Gisèle. Pas étonnée de retrouver dans tes choix cette nature qui est si importante pour toi. Quant à Chattam,pas certaine d’y succomber. Il est capable d’installer très bien des atmosphères et du suspens, c’est son point fort. Mais dans l’extrait que tu nous donnes,cette histoire de cheveux est .. tirée par les cheveux,c’est du Chattam qui jouit en s’ecoutant lire du Chattam…ceci étant dit,des nouveaux auteurs de thriller s français c’est nettement et de loin lui que je préfère…bon j’attends la suite de tes recommandations. Bises et bonne semaine à venir

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  5. j’ai un faible pour le premier …peut être es ce du à l’âge du grand pere 🙂 Chattam, que j’ai rencontré lol, la seule fois ou j’aiété invité sur un plateau de élévision 🙂 est un homme charmant …j’ai du mal cepenant avec ses livres ! 2 essais…non renouvelés ! bisous

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  6. Je n’ai rien lu de tout cela… J’ai lu »Akim »… « Il ne faut pas prendre les cons pour des gens »… That’s all folks !

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