Anton

Pour les prénoms du mercredi à la cour de récré de Jill Bill un clic sur le logo.

Etant quelque peu bloquée par une sciatique qui m’interdit la position assise, j’ai choisi de vous faire retrouver « Anton et le trésor de la cathédrale » écrit pour plusieurs défis dans l’ancien blog .

Mu par son intuition sans faille jusqu’à présent, Anton avait poussé la porte de la cathédrale, tout concordait, là, au milieu de la nef, il avait découvert sans trop de mal, l’emplacement qui allait le mener au trésor le plus convoité. Un faisceau de lumière jouait à éclairer le centre du labyrinthe, plus particulièrement cette drôle de
croix orientée selon les points cardinaux. Pas de doute,  il en était sur maintenant, c’était bien l’indice annoncé «les bâtisseurs de la maison de Dieu et le vicaire de Jésus Christ y sont réunis par le nord le sud l’est et l’ouest. ». Maintenant il lui
restait à confirmer en vérifiant l’autre indice «  la bonne fortune sur le
même sol tu trouveras ». Là il devait reconnaitre qu’il n’avait pas encore
la solution. Se pouvait il que le trésor soit à même le sol ?  Non bien sur, celui qui avait conçu ces différents indices avait l’esprit beaucoup plus tortueux. En une rotation parfaite de son corps élancé, il se mit à observer de tout côté les dalles de l’édifice.


De nombreux motifs jouxtaient le labyrinthe, axes brisés, carrés de toutes tailles.
C’est alors qu’il les vit …les svastikas, dans deux compartiments identiques.
Aussitôt l’étymologie de ce terme sanscrit lui revint en mémoire, il traduisit
instantanément « ce qui apporte la bonne fortune » Il était bien
arrivé au terme de ses recherches, il allait enfin récolter le fruit de son
travail. Mais soudain une compresse imbibée de chloroforme s’écrasa sur son nez
et sa bouche, pendant qu’un cathéter lui injectait un dérivé de curare. Son
esprit s’emplit de brumes instantanément, le mystère resterait donc
entier ….

Dans sa tête une multitude de carillons retentissaient, les cloches se répondaient comme dans un tourbillon infini de questions réponses  . Lillois depuis peu Anton, d’origine canadienne , d’Ottawa plus précisément, aurait du apprécier ce bouillonnement  musical, mais le tempo était un peu brouillon  et la méticulosité voire  le perfectionnisme qui le caractérisait ne souffrait aucune approximation.

«  Quel couillon je suis ! » pensa – t il « je ne me suis pas encore débarrassé de mon bâillon »  Il entreprit de lever le bras mais l’aiguillon  pénétrant soudain sa chair arrêta net son geste .

–        « Alors, Monsieur a terminé son roupillon ? Il se prenait pour Cendrillon peut être?  pourra – t il maintenant nous dire où est le médaillon ? » L’interpela l’individu qui lui faisait face.

Mais qui était donc ce grand échalas au nœud papillon et dans quel pavillon avait – il atterri ?
Anton se souvenait vaguement avoir été transporté dans une voiture qui avait emprunté une route très caillouteuse, mais le visage de cet énergumène ne lui rappelait personne.

L’homme s’énervait avec l’ardillon de sa ceinture pour fixer un pantalon ayant une fâcheuse tendance à jouer de l’accordéon.

 « Monsieur a – t – il eu les oreillons ? questionna – t il

–  » Je croyais que la surdité occasionnée était transitoire, vous savez je suis un peu tatillon, j’aime bien qu’on me réponde quand je pose une question » précisa l’homme au nœud papillon.

–     «  mfledalion   … ? »bégaya Anton, passant du blanc laiteux au vermillon en quelques secondes.

      
– « Monsieur veut un échantillon  de mon savoir faire ? » lâcha l’homme en postillonnant.

S’approchant soudain d’Anton il lui décocha un superbe uppercut .  Celui – ci était encore à compter les papillons ( oui les chandelles étaient en rupture de stock, que voulez vous les moinillons avaient des problèmes d’approvisionnement ) virevoltant au dessus de sa tête quand l’autre l’apostropha .

–     « Si Monsieur veut encore profiter de son prochain réveillon, je lui conseillerais de se mettre à table »

–    «  Je dois avertir Monsieur que s’il persiste dans son silence , je mettrai son pied sur un billot , je couperai ses orteils les uns après les autres , sans attendre la formation du moindre caillot . »continua – t – il.

Anton sentait couler sous son maillot une rivière de sueurs froides.

–        « Radical pour les durillons »ricana l’homme au nœud papillon.

Comment ce type à la dégaine vieillotte, pouvait – il être au courant de ses recherches s’interrogeait Anton à qui tout semblait depuis peu  complètement illogique  . Il était le seul à avoir décodé le croisillon sur la partition, à avoir compris qu’il ne s’agissait pas d’un dièse mais des bras du transept de l’église. Il n’en avait parlé à personne et pourtant quelqu’un savait …

En attendant, Anton un tantinet inquiet tout de même de la tournure que prenaient les événements, gardait le silence.

«  Je vois… Monsieur joue l’obstiné »  dit l’homme en passant lentement sa main dans ses cheveux qu’une forte dose de brillantine  gardait plaqués vers l’arrière.

« Je n’ai rien à dire  »   parvint à articuler Anton malgré la douleur occasionnée par une dentine mise à nu sur quelques molaires.

« L’ impertinence  est un vilain défaut, Monsieur » répondit l’homme, alors qu’une main jaunie de nicotine s’abattait  une nouvelle fois sur Anton.

Exit la brillance  adamentine de sa denture parfaite, celle qui faisait tourner la tête de toutes les « Valentine » dans les fêtes estudiantines, des débris d’émail agglutinés, vestiges de son sourire d’antan, se promenaient allégrement dans sa bouche ensanglantée.

Exit pour quelque  temps les petites friandises qu’il affectionnait , en particulier les délices de nougatine accompagnées d’un verre de Bénédictine, même les tartines seraient pour lui un supplice .

C’est alors que l’homme au nœud papillon le saisit par la chemise et le poussa violemment dans les escaliers de la cave. La pièce était sombre, mais sa rétine s’habituant à la pénombre ,il put apercevoir des meubles anciens à la patine naturelle, une magnifique cantine en bois ornée d’églantines  remplie de cartouches de chevrotine, et sur un mur une collection de martinets de toutes tailles .

Une multitude de pensées se mirent à trottiner dans sa tête : Celle qui ne le lâchait pas concernait une blonde platine au doux nom de Clémentine.

Reverrait – il un jour sa jolie fiancée bisontine, sa bouche mutine , sa peau satinée, la finesse de ses chevilles soulignée par ses charmantes bottines, sa voix d’ange fredonnant les sonatines de Mozart. Laborantine de profession elle avait croisé la route d’Anton le jour où, en séminaire à Besançon , une infection de l’amygdale
 palatine  droite l’avait poussé à faire un prélèvement , depuis il filait tous les deux le parfait amour .

Pourrait – il se débarrasser de cet énergumène qui le séquestrait , il n’était pas du genre à se laisser baratiner et pourtant il devait absolument retourner à la cathédrale …….

Anton regardait les heures s’égrener au cadran de sa montre, une nuit avait passé depuis sa visite de la cathédrale. Certes, il pouvait bouger à son aise dans cette cave, mais il lui était impossible de communiquer avec le monde extérieur et bien entendu l’homme au nœud papillon ne lui avait pas laissé son portable. La porte de la cave s’ouvrit brusquement, il attendit que l’homme ait franchi quelques marches, puis il bondit alors la tête en avant dans les jambes de son agresseur, bravant une peur bien compréhensible il renversa l’homme qui dévala les marches une à une.

«  Que Monsieur ne se berce pas d’illusions ! lui lança le grand échalas tout en pointant sur lui le canon de son arme «  j’ai été acrobate dans ma jeunesse et jamais je ne me suis brisé un seul os en tombant ».

Anton ne put s’empêcher de soupirer.

« Si nous reprenions notre petite conversation là où nous l’avions laissée «  dit l’homme en s’avançant vers lui.

Il était évident que la chute dans l’escalier le forçait à boiter, Anton ne boudait  pas son plaisir en  constatant que sa tentative avait quand même atteint son adversaire. C’est alors que retentirent les premières notes « des amoureux des bancs publics », la chanson de Brassens, qu’ Anton  avait téléchargée sur son portable pour identifier les appels de Clémentine .

« Les amoureux qui se bécotent sur les bancs publics, bancs publics, bancs publics, en se disant des « Je t’aime » pathétiques ont des petites gueules bien sympathiques. »  se mit à fredonner l’homme  “c’est votre visage qui  est plutôt pathétique en ce moment » pouffa – t – il en regardant   son prisonnier .

Si vous voulez retrouver la suite un clic https://giselefayet.wordpress.com/2010/10/08/allo-clmentine/

Publié par

giselefayet

Mots , images , mouvements, impressionnent ma plaque sensible et la communication en est le révélateur le plus puissant . Citation favorite : " Être libre ce n'est pas seulement se débarrasser de ses chaines , c'est vivre d'une façon qui respecte et renforce la liberté des autres." Nelson Mandela

19 réflexions au sujet de “Anton”

  1. Excellente réédition, Gisèle je ne te connaissais pas à ce moment là, j’ai le tour de deux autres pages sur le sujet.
    Je reviens à cette page, pour le moment, il est bien mal pris, le pauvre Anton. Prends bien soin de toi,
    Bises 😘

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  2. Aïe, j’ai mal pour lui, pauvre Anton, je vais voir comment il s’en sort…s’il s’en sort!
    Repose-toi bien en attendant…
    Bises du jour
    Mireille du sablon

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  3. Coucou Jazzy,
    Ta sciatique n’a pas l’air de s’arranger et tu dois vraiment souffrir pour ne pas pouvoir rester assise. J’espère que tu as consulté pour essayer d’enrayer tes douleurs.
    J’ai pris beaucoup de plaisir à lire cette nouvelle écrite au travers différents défis, « Anton et les trésors de la cathédrale » est une histoire passionnante.
    J’ai même été épluché ton ancien blog pour retrouver tous les épisodes.
    Un grand merci du fond de mon lit, je viens de passer un excellent moment.
    Bises et bon mercredi

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  4. Tout d’abord bon courage pour supporter les douleurs de la sciatique ….. lancinantes ….
    Et merci pour le récit réédité, je le découvre !
    Bonne journée, Gisèle, repose toi ! bisous,
    Geneviève

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  5. La splendide cathédrale d’ Amiens, je suivais le labyrinthe quand j’étais gamine.
    Désolée pour la sciatique, j’espère que tu vas vite aller mieux.
    Bonne journée.

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  6. oh… une sciatique je pense bien à toi…2 ans après j’ai encore des chatouillis dont je me passerai bien !
    en suivant les aventures d’Anton

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  7. Je lis cette histoire incroyable bien illustrée par ma mystérieuse cathédrale ! Elle a aussi beaucoup 800 ans d’histoire à raconter !
    Bon rétablissement, moche les sciatiques.
    Gros bisous guérisseurs

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  8. Tu as très bien écrit – On ressent le personnage. Il est en bien mauvaise posture !!!
    En attendant, toi, prends soin de toi ! Pas de mauvais gestes !
    bises

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